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À l'heure où...

... le nouveau président des États Unis d'Amérique va être investi, découvrez une sélection d'articles permettant d'éclairer les relations transatlantiques.

La guerre froide (1947-1991) fut un cadre structurant des relations transatlantiques pendant plus de quatre décennies. D’un côté, elle incita les États-Unis à poursuivre un engagement politique, économique et militaire massif en Europe. De l’autre, l’OTAN devint le cœur de la stratégie de défense de ses membres face à l’URSS et au pacte de Varsovie. La fin du conflit Est-Ouest soulève alors la question de l’avenir des relations transatlantiques. Réaffirmant la stratégie d’engagement outre-Atlantique des États-Unis, George Bush puis Bill Clinton font ainsi taire les voix isolationnistes américaines. Plus encore, cela ouvre de nouvelles perspectives aux relations transatlantiques : au-delà de l’Alliance et de la sécurité de l’espace atlantique, elles doivent s’imposer comme moteur de l’intégration politique et économique de l’ensemble des États européens. Les divergences d’intérêts économiques empêchent cependant, jusque-là, la conclusion d’un véritable accord dans ce domaine. L’émergence de nouvelles puissances concurrentes pourrait amener ces négociations à aboutir dans les prochaines années.

Drapeaux américain et européen

Dès la fin du xve siècle, l’ouverture progressive des Européens sur le monde les conduit à s’interroger sur les formes de régulation de leur cohabitation dans les espaces ultramarins lointains. Par la suite, le processus de colonisation contraint les Européens à étendre, de façon progressive, au monde entier les principes et les pratiques d’un droit international forgé à l’origine pour les pays du Vieux Continent. L’élaboration d’un cadre juridique à l’échelle du monde accompagne ainsi l’expansion européenne, sur mer et sur terre, d’abord en Amérique puis en Asie et en Afrique. Le concept de souveraineté limitée permet notamment d’introduire une hiérarchie entre les États et de légitimer les conquêtes coloniales, tout en imposant une uniformisation des normes et des pratiques. Dès la fin du xixe siècle, cependant, la mondialisation et la complexification du système international entraînent la remise en cause du modèle westphalien, pour mettre en avant d’autres traditions juridiques qui favorisent l’émergence d’un droit international « métissé ».

James Gillray, The Reception of the Diplomatique and his Suite, at the Court of Pekin, 14 septembre 1792. L’ambassadeur de Grande-Bretagne, George Macartney, refuse de se prosterner devant l’empereur Qianlong.
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De l’avènement des transatlantiques à vapeur dans les années 1830 à la popularisation du transport aérien dans les années 1950, les compagnies maritimes ont fourni le seul moyen de traverser l’Atlantique, tant pour les personnes que pour les biens et le courrier. Souvent liées aux gouvernements par des conventions, notamment postales, elles avaient également une importante mission de représentation du prestige national, particulièrement au Royaume-Uni, mais aussi en France, en Allemagne et aux États-Unis. Leur étude permet ainsi de saisir quels étaient, selon les époques, les flux migratoires prometteurs et la façon dont ils étaient partagés entre les différentes entreprises. La possession de ces entreprises devient également un enjeu qui dépasse les frontières, à l’exemple du trust du financier John Pierpont Morgan, l’International Mercantile Marine Company, regroupant des compagnies britanniques et américaines. Enjeux importants aux yeux des États, leurs navires les plus prestigieux deviennent de véritables ambassadeurs chargés d’exporter les savoir-faire et cultures de leur patrie dans le monde.

Panorama de la Compagnie générale transatlantique peint par Théophile Poilpot, 1889.
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Si l’expression « communauté atlantique » est relativement courante, elle renvoie majoritairement dans son usage universitaire comme médiatique à l’Alliance atlantique, créée par le traité de Washington le 4 avril 1949. Pourtant, la notion de communauté atlantique excède largement ce cadre, tant chronologique qu’institutionnel.

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On estime qu’environ 1 500 musiciens ont fui l’Europe pour les États-Unis entre 1933 et 1944, chassés par le nazisme et les lois anti-juives. Cet afflux de concertistes, chefs d’orchestre, compositeurs et musicologues, le plus souvent de culture germanique, donne un essor incomparable à la vie musicale américaine, tout en permettant à la musicologie de s’établir comme discipline universitaire.

Portrait photographique d'Arnold Schönberg en 1927. Photo : Man Ray.
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La « sécurité collective », expression dont l’usage s’est développé dans les années 1930, constitue une tentative de réponse au déchaînement de violence des deux guerres mondiales du xxe siècle. Aux antipodes de la sécurité par l’équilibre des puissances qui avait marqué le système international au xixe siècle, la sécurité collective repose, elle, sur le « déséquilibre des forces » (Marie-Claude Smouts et Guillaume Devin), celles rassemblées par l’ensemble des États membres contre tout État agresseur. Ce système a d’abord été institutionnalisé, au lendemain de la Grande Guerre, par la Société des Nations (SDN), puis a été repris en 1945 par l’Organisation des Nations unies (ONU). Loin d’avoir donné les résultats que ses promoteurs avaient placés en lui, il marque néanmoins un tournant dans l’histoire des relations internationales.

« Le paillasson », dessin satirique de David Low

Le recours à la notion de système permet de dépasser une vision de la scène internationale qui se réduirait à un simple agglomérat de puissances. Tout système repose ainsi sur un ensemble de valeurs, de règles et de pratiques communes aux différents acteurs permettant leur coexistence, l’apaisement des tensions et la résolution des conflits. La place de l’Europe dans le système international évolue de l’époque moderne à nos jours. L’ordre westphalien fondé sur l’équilibre, européo-centré et construit par et pour les grandes puissances du continent, cède progressivement la place au xxe siècle, sous les coups des deux guerres mondiales, aux logiques universelles et normatives de la SDN et de l’ONU, avant que la construction européenne ne tente d’apporter des réponses originales aux défis de l’après-guerre froide.

Gerard ter Borch, La prestation du serment de la ratification du traité de Munster, 1648.
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Première rencontre à réunir autant de pays provenant de tous les continents, la conférence de la Paix de 1919 est chargée de mettre un terme diplomatique à la Première Guerre mondiale. Face à des difficultés d’une ampleur sans équivalent, les Alliés se réunissent d’abord en l’absence des ennemis. Après une mise en place difficile, la création du Conseil des Quatre contribue à accélérer la future paix même si de nombreuses oppositions fragilisent la réunion à plusieurs reprises. Jugeant que la paix qui en est ressortie ne respecte pas l’accord pré-armistice, la base de la paix, les vaincus vivent les traités comme une humiliation. L’historiographie tend aujourd’hui à se détacher de la vision keynésienne de la conférence et à considérer les éléments novateurs élaborés par les décideurs de la paix de 1919-1920.

William Orpen, Signature du traité de Versailles dans la grande galerie, 1919
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