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Les écoles non mixtes se développent en Europe au début de la période moderne, puisqu’on présume alors que les garçons et les filles doivent mener des vies différentes et donc acquérir différentes compétences.  À la fin du xixe siècle, féministes et pédagogues remettent de plus en plus en cause cette séparation, notamment lorsqu’ils découvrent la prépondérance de la coéducation aux États-Unis. La coéducation devient progressivement le mode dominant d’éducation en Europe au xxe siècle, pour des raisons à la fois idéologiques, pédagogiques et pragmatiques. Néanmoins, son taux de croissance varie énormément en fonction de l’âge des élèves, de la culture religieuse et politique propre à chaque société, et de la disponibilité des écoles. 

La question de l’instruction séparée à l’école, V poriadke diskussii, Krokodil, no.21, 1950, 4. Cette illustration d’un périodique soviétique révèle la dimension pédagogique des débats sur la réintroduction de la coéducation dans les écoles soviétiques dans les années 1950. Traduction de la légende : « Comment deux écoles secondaires... deviendront deux excellentes écoles », grâce à la mixité.

Émergeant à la fin du xixe siècle, l’Éducation nouvelle devient un véritable mouvement pédagogique international dès les années 1920. Ses adhérent(e)s revendiquent une réforme profonde de l’enseignement reposant sur une connaissance scientifique de l’enfant et sur un renversement de la logique éducative. L’école devrait en effet s’adapter à l’enfant en respectant ses besoins et intérêts et lui permettre d’apprendre à travers l’expérience, l’activité et la coopération. Il s’agit donc de repenser les programmes, les méthodes pédagogiques ainsi que les rôles respectifs du maître et de l’élève afin que ce dernier puisse s’approprier les savoirs par lui-même. Les promoteurs/trices de l’Éducation nouvelle militent pour la coéducation des sexes, afin que garçons et filles puissent bénéficier d’une instruction commune dans un environnement commun. Pour eux, l’éducation doit être naturelle, proche de la vie, préparer les élèves à leur vie sociale à travers une expérience de vie communautaire à l’école. C’est ainsi qu’ils apprendront la tolérance et le respect de l’autre, enfants comme adultes.

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Depuis 1800, le mouvement vers une scolarisation obligatoire et prolongée a des conséquences plus importantes pour les filles que pour les garçons, dans les pays européens ; car, en 1800, l’éducation des filles est considérablement à la traîne par rapport à celle des garçons. Au début du xixe siècle, les écoles sont divisées de manière stricte, à la fois entre les sexes et les classes sociales. L’enseignement primaire s’adresse aux pauvres, alors que l’enseignement secondaire est principalement réservé aux garçons riches. À partir du milieu du siècle, un réseau plus vaste d’écoles permet aux filles de poursuivre leurs études, notamment au sein de programmes à vocation professionnelle ou destinés à former des enseignants. Entre 1850 et les années 1920, de nombreux pays rendent l’enseignement élémentaire obligatoire pour les deux sexes, et des établissements secondaires non mixtes réservés aux filles sont créés. Les mouvements féministes font la promotion de l’éducation des filles, y compris dans les colonies. Les femmes, notamment les religieuses, présentes au sein de « missions civilisatrices » encouragent la création d’écoles dans l’empire et en Europe. À partir de la période de l’entre-deux-guerres, la généralisation des établissements d’enseignement secondaire, ainsi que la disparition des écoles non mixtes constituent les changements les plus radicaux dans les systèmes éducatifs. Après 1945, le nombre d’élèves fréquentant les écoles secondaires connaît une très forte augmentation.

Cours de sciences à l'école Kalvskindet (Norvège), vers 1900, Erik Olsen
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