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Danse japonaise

Danse japonaise
Crédits : Droits réservés LabEx EHNE et Lycée Colbert Paris
Titre : 

Danseuses japonaises et joueuse de Shamisen.

Identifiant : 
20114
Type : 
photographie
Collection : 
Fonds Colbert
Format : 
photographie positive sur verre ; 85 x 100 mm.
Auteur : 
Atelier de Kusakabe Kimbei
Éditeur : 
Radiguet et Massiot. Paris
Édition : 
à renseigner
Lieu : 
Asie > Japon
Sujet : 
Cliché ethnographique
Photographie artistique
Vêtement
Coiffe
Mœurs
Danse
Musique
Description : 

Cette scène représente deux jeunes danseuses, et une joueuse de shamisen dans un intérieur décoré d’estampes japonaises. Très proche de la plaque n° M-20115 intitulée « Petites danseuses », cette scène faussement documentaire a été réalisée en atelier en vue d’être vendue aux marchands fréquentant les ports japonais de commerce. Il s’agit en fait d’un archétype très fréquent dans la production photographique du dernier quart du xixe siècle concernant le Japon, les scènes féminines d’intérieurs étant largement privilégiés dans ces ateliers de photographies créés par des Occidentaux. Il s’agit d’un support visuel censé combler les besoins d’exotisme pour des clients qui ne connaissaient du Japon que les stéréotypes. Ceux-ci, rajoutons le, ne possédaient généralement pas les autorisations nécessaires pour visiter l’intérieur du pays. Il convient de remarquer à quel point cette composition est picturale, seuls quelques accessoires sont censés donner l’illusion de l’authenticité de la scène : des costumes locaux, des estampes japonaises accrochées aux murs, ainsi qu’un service à thé au premier plan. Mais la composition – rassemblant trois jeunes femmes dans un intérieur, parmi lesquelles une musicienne renforçant l’idée d’un moment d’intimité, ainsi que deux danseuses adressant leur regard au spectateur pour l’inclure dans la scène telle une invitation – n’est pas neuve. Elle est directement empruntée à la formule utilisée par Eugène Delacroix dans ses Femmes d’Alger dans leur appartement. Cette référence visuelle révèle combien sous couvert de documentation visuelle, il y avait dans le commerce de l’exotisme une place importante pour l’érotisme.  Ces scènes imaginées par Beato ou Stillfried empruntaient certes à l’histoire de l’exotisme pictural, mais l’actualisait en y mêlant l’imaginaire contemporain des geishas que les estampes japonaises avaient déjà véhiculé dans le monde occidental.

Par l’acquisition, puis la reproduction sous forme de plaque de verre, ainsi que la projection dans des cours et des conférences, il est certain que cette vue, conçue pour divertir le touriste, fut utilisée comme une capture authentique de la vie au Japon et fut considérée ; par conséquent, comme un support de connaissance.

Bibliographie : 

Claude Estèbe, Le premier âge d’or de la photographie au Japon (1848-1883), thèse de doctorat, Paris, INALCO, 2006.  

Catalogue : 

à renseigner

Usage : 

date et lieu de projection à renseigner

Mots clés géographiques : 

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