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À l’époque contemporaine, l’exilé est longtemps resté dans les représentations une figure essentiellement masculine. Or l’étude des mobilités contraintes, qu’elles soient d’origine politique, religieuse ou sexuelle, montre que les femmes participent, elles aussi, dès le début du xixe siècle, à des phénomènes d’exil, qu’on entendra ici de manière large comme des formes d’expatriation forcée. Si les figures féminines de l’exil demeurent isolées au cours du xixe siècle, la massification de ce type de mobilités à partir du début du xxe siècle concerne également les femmes, qui revendiquent peu à peu l’accès à des fonctions de représentation au sein des groupes en exil et bouleversent ainsi les normes genrées de l’engagement. Après l’adoption de la convention de Genève en 1951, premier texte à proposer une définition internationale du réfugié, les femmes conquièrent la reconnaissance de leur place spécifique dans les phénomènes d’exil et d’asile. C’est en 1985 seulement que le Haut Commissariat pour les réfugiés ouvre le premier forum sur les femmes réfugiées, mettant ainsi en évidence leur singularité.

Le passage de l’Ancien Régime à l’époque contemporaine se caractérise par l’affirmation progressive d’une société de citoyens, qui supplante la société d’ordres et les monarchies de droit divin. Dans les régimes représentatifs qui voient progressivement le jour en Europe au xixe siècle, la volonté générale s’exprime par le vote du corps électoral. Or, les femmes sont longtemps exclues de la citoyenneté à grand renfort d’arguments, qui révèlent une vision hiérarchisée du rapport des sexes. Désireuses de participer aux affaires de l’État, notamment à l’élaboration des lois que jusqu’alors elles ne font que subir, certaines d’entre elles créent des associations, et bientôt des mouvements suffragistes, à l’échelle nationale et internationale. Des décennies de luttes et de lobbying aboutissent, au cours du xxe siècle, à l’obtention du droit de vote par les femmes dans les différents États européens, à des rythmes variables selon le contexte politique national.

Emmeline Pankhurst, leader des suffragettes britanniques, arrêtée aux abords du Buckingham Palace alors qu’elle tentait de présenter une pétition au roi Georges V en mai 1914.
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Accident politique, le sac de Rome constitue un important jalon dans l’histoire artistique européenne. Les contemporains ont insisté sur l’iconoclasme réformé qui met notamment à mal les reliques et saintes images de la Ville Sainte, siège de la papauté et destination des pèlerinages. Dispersant les héritiers de Raphaël ainsi que les autres acteurs de la première génération maniériste, le sac permet la diffusion immédiate de la première manière romaine, mais aussi florentine, vers les principales cours d’Italie (1527 et 1528), puis de France (Fontainebleau) et enfin d’Europe.

Benvenuto Cellini, Christ soutenant saint Pierre au-dessus des flots, inscription « Quare dubitasti ? » (« Pourquoi as-tu douté ? »), 1530-1532, double carlin en argent de Clément VII.
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Le recours à la violence pour des motifs politiques mêle engagement, action politique et transgression pénale. S’y ajoute, dans le cas des femmes uniquement, la transgression des normes de genre lors des poussées révolutionnaires, qu’elles soient ou non dotées des mêmes droits politiques que les hommes. Mettant en tension les normes pénales et sexuées, la violence politique permet à celles qui la pratiquent de s’affirmer comme sujets politiques. Révolutionnaires, socialistes, anarchistes, communistes ou patriotes, ces femmes se heurtent, au-delà des époques et des causes qui guident leur engagement, à la permanence des normes de genre et au poids des imaginaires sociaux qui font de la violence politique des femmes une véritable énigme sociale.

La barricade de la place Blanche défendue par des femmes (mai 1871). Lithographie, France, XIXe siècle.

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L’Alliance atlantique a été, de 1949 à 1989, la pièce centrale de la sécurité en Europe. La France y a joué son rôle, puis sa partition. Depuis la fin de la guerre froide, entre la défense européenne par les Européens qui semble improbable, et la défense de l’Europe par l’OTAN qui semble l’emporter la France tente de maintenir une forme d’indépendance nationale, d’autonomie stratégique, de contacts privilégiés, en particulier avec les Britanniques. L’Europe de la défense à base de coopérations renforcées et de mutualisations véritables se heurte toujours à des choix nationaux dont la France n’a pas la seule responsabilité.

En 2016, on dénombre environ 20 000 jumelages en Europe. Cette pratique s’est développée massivement sur le continent depuis la fin des années 1950, d’abord en Europe de l’Ouest, puis de l’Est et entre villes des blocs rivaux de la guerre froide. Leur origine remonte pourtant au début du xxe siècle. Leur histoire permet d’explorer les tensions entre diplomatie « par en bas » et contrôle étatique. Les jumelages sont d’importants outils de coopération et d’échanges socio-culturels et économiques, mais aussi des vecteurs de solidarités. Dans le premier xxe siècle, ces solidarités ont parfois pu être agressives. Après 1945, les jumelages deviennent largement des lieux et symboles des processus de rapprochement.

Photographie illustrant les échanges dans le cadre du jumelage entre Frankenthal (RFA) et Colombes (F), villes reliées symboliquement par une « Route de l’amitié ». Source : Archives de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ/DFJW), sd.
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Comment sortir de la guerre – mondiale, régionale ou civile – et vivre ensemble après les conflits ? Pour qualifier le temps de la fabrique de la paix, l’expression de « justice transitionnelle » s’est imposée depuis les années 1990, ouvrant un nouveau champ de recherche et d’expertise. Cette notion prend en compte d’une part les instruments traditionnels de la justice comme les procès d’épuration et les réparations ; d’autre part des instruments symboliques, tels que les demandes publiques d’excuses et de pardon ou les gestes de repentance, ainsi que les initiatives multiples de restauration de la confiance. Si la « réconciliation » est le but à atteindre, elle est plus encore le processus même de rapprochement, souvent dissymétrique et imparfait, engageant des acteurs divers à de multiples échelles. La question du rapport au passé y occupe une place centrale et controversée, à laquelle des réponses allant de l’amnésie à l’hypermnésie ont été apportées. En 2012, l’Union européenne a reçu le Nobel de la paix pour sa contribution à la réconciliation : constitue-t-elle un espace d’expériences et de référence ?

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Les syndicalismes réformistes et chrétiens accompagnèrent la construction de l’Europe communautaire, à l’inverse des confédérations « marxistes » qui y virent un instrument d’oppression et de guerre contre le camp socialiste. La mise en place progressive du marché européen posa par la suite des problèmes aux syndicats. Le dialogue avec les institutions européennes en fut affecté. Mais en même temps, ce marché unique favorisa l’ascension d’un syndicalisme réformiste de l’expertise, au détriment d’un syndicalisme de confrontation.

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De mai 1949, date de sa sortie en France, jusqu’aux années 2000, la réception en Europe du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, bien connue pour le cas français, a donné lieu à de multiples débats et critiques tant dans les milieux littéraires, politiques que parmi les féministes. Son contenu met en effet en cause l’ordre sexuel dominant et invite à la libération des mœurs et à l’égalité des sexes. Cet ouvrage comme son accueil ne peuvent être dissociés du reste de l’œuvre de l’auteure, ni de sa vie, de ses voyages et de ses engagements. Jusqu’au milieu des années 1960, la réception critique est étroitement liée à la diffusion internationale de l’existentialisme français et aux logiques politico-culturelles de la guerre froide. Des années 1960 aux années 1980, ce sont les débats féministes qui dominent, avant que le développement des études beauvoiriennes entraîne une réévaluation savante de l’ouvrage.

Couverture de « Le Deuxième Sexe » de Simone de Beauvoir aux éditions Gallimard, 1949.
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