Connexion utilisateur

  • Français
  • English
Civilisation matérielle

L’espace européen étudié à travers les flux des énergies et des matières premières, la mobilité des marchands, des marchandises, des consommateurs et des citoyens, et des réseaux de communication.

Responsables éditoriaux : Alain Beltran, Cécile Welker et Léonard Laborie.

L’Europe la nuit.  Extrait de « Earth at night », photographie satellite nocturne à plat de la NASA pour le projet Black Marble, 2012. Source : NASA

(à venir)

(à venir)

(à venir)

Auteur-e-s

La construction des connaissances scientifiques et techniques et le pouvoir que celles-ci confèrent à ceux qui les produisent ou les possèdent éclairent à leur manière l’histoire matérielle de l’Europe. On ne peut pas, en effet, séparer l’univers des objets de celui en apparence immatériel des savoirs qui ont permis leur élaboration, leur usage et leur régulation. Explorer la formation des réseaux de savoirs et d’expertises en Europe, c’est donc ouvrir une nouvelle fenêtre, épistémique, sociale et politique à la fois, qui donne à voir des processus à l’origine de phénomènes peu visibles mais pourtant structurant pour le quotidien des Européens comme les communautés techniciennes professionnelles (des architectes aux forestiers, en passant par les juristes) ou encore les outils de régulation des techniques en société (tels que les brevets, les normes ou le recours aux comités d’experts). À l’heure de la promotion de la démocratie participative et des critères de bonne gouvernance européenne, une réflexion critique sur ces sujets est de rigueur.

Auteur-e-s

Pendant plus de deux siècles, l’Europe a été confrontée à des catastrophes naturelles et des risques industriels, ses réactions face à ces événements ont évolué au cours du temps : fatalisme de l’homme face à son destin, humanisme des Lumières, certitudes scientistes du xixe siècle, et enfin doute matérialisé par l’émergence du principe de précaution, l’ambition du risque zéro et la multiplicité des contre-expertises.

Si l’Europe des flux s'est construite assez vite, celle des pensées communes et des législations comparables dans le domaine du risque et de la sécurité reste encore incomplète face à une grande diversité culturelle. Mais les tendances convergentes semblent se dessiner depuis quelques dizaines d'années. 

Tremblement de terre de Lisbonne en 1755, gravure en couleur.
Auteur-e-s

La pluralité des modernité(s) matérielle(s) oblige à déterminer les contours de la puissance européenne telle qu’elle s’est édifiée aux époques moderne et contemporaine. La domination mondiale des pays européens les plus avancés a suivi l’établissement d’un capitalisme en plein essor dont le but était l’intégration des marchés. Elle a fait des objets et des biens, depuis leur fabrication jusqu’à leur consommation en passant par leur mise en circulation, l’un des traits caractéristiques les plus évidents de la civilisation européenne.

Durablement associée à la notion de progrès, la positivité de ces modernités innovantes, dont le catalogage exhaustif est illusoire tant la démocratisation en a été réelle, a été d’une part relayée par une économie de la connaissance inouïe, et d’autre part associée à la formulation de nouvelles valeurs sociales et morales perçues comme libératrices.

À cet égard, à l’époque présente, une forme problématique d’ironie de l’histoire conduit à dévaloriser ces modernité(s) matérielle(s) largement diffusées et inventées par l’Europe afin d’en contester les apports, voire la légitimité.

Anvers, vue sur la gare des marchandises et les entrepôts.