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Malgré une plus grande égalité juridique et politique entre les hommes et les femmes, les discriminations genrées en matière de logement persistent de nos jours. Même si les personnes sans domicile sont toujours majoritairement des hommes, les femmes continuent à avoir davantage de difficultés à occuper un logement sain et confortable que les hommes. Ces discriminations reposent principalement sur des inégalités en matière de salaire et de possibilités d’emploi, notamment à temps complet, mais elles viennent aussi de la permanence de traditions et de distinctions légales anciennes où les représentations du féminin et du masculin avaient des conséquences sur l’offre et les conditions de logement des femmes et des hommes. En effet, aux xixe et xxe siècles, les habitants sont rarement pensés au féminin, comme si seuls les hommes, célibataires ou chefs de famille, pouvaient acheter ou louer leurs logis. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces représentations n’ont pas disparu dans les politiques publiques du logement comme chez les bailleurs privés.

Leader anarchiste de défense des locataires, Georges Cochon (1879-1959) — à gauche de la tribune, en chapeau et moustache —explique à la presse en 1912 les raisons de son mouvement. Seul à prendre la parole, il est entouré de nombreuses femmes