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Humanisme européen

Une histoire européenne placée sous le signe de la culture, des représentations et des identités socio-religieuses.

Responsables éditoriaux : Denis Crouzet et Séverin Duc.

Extrait de Le Canzoniere (Chansonnier) ou Rerum vulgarium fragmenta (Fragments composés en vulgaire), recueil de 366 poèmes de Pétrarque.
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La culture diplomatique de l’Europe a été forgée au fil des siècles par des pratiques progressivement théorisées et encadrées par un droit international naissant. Elles puisent à une double référence à un idéal de paix : celui de Rome et celui de la chrétienté unie. L’Europe fait de la négociation l’art de la connaissance de l’Autre. Les pratiques européennes relèvent aussi d’un code commun de comportement, assimilé et reconnu de manière implicite par tous, qui s’exprime, en particulier, par l’adoption de codes et de rituels issus de la culture aristocratique et se traduit encore dans un discours spécifique qui répond aux contraintes antinomiques qui pèsent sur la diplomatie. Affermies ou redéfinies au regard des pratiques d’autres sphères culturelles, elles ne peuvent toutefois être essentialisées et les écarts par rapport aux normes admises couramment soulèvent la question de la diversité des cultures diplomatiques de l’Europe. Le présent article en présentera les évolutions du xixe siècle à nos jours.

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L’Europe est, à la fin du Moyen Âge, riche de strates d’histoire séculaires qui se sont sédimentées en un patrimoine culturel complexe, issu des civilisations qui s’y sont succédé (l’Antiquité classique et la chrétienté médiévale pour l’essentiel) ou qui ont été à son contact (notamment par les échanges avec les mondes arabe et byzantin). Ces héritages demeurent particulièrement présents à travers les manuscrits copiés et conservés au fil du temps, qui ont transmis les œuvres des « autorités », à travers les vestiges monumentaux qui jonchent, à Rome par exemple, les cités, ou encore à travers les figures des grands hommes, représentées dans l’iconographie ou évoquées dans la littérature. Mais cette mémoire survit aussi, plus profondément, dans le langage (grâce au latin surtout) et dans les systèmes de représentation politique et sociale. De tels legs constituent un réservoir d’idées, de formes et de valeurs communes, en somme, qui fait l’objet de multiples réemplois. C’est sur ce terreau que se développe l’humanisme et, avec lui, une conscience nouvelle du rapport des Européens à leur passé, appelée s’imposer avec le terme de « Renaissance ».

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L’humanisme est un mouvement culturel qui prend son essor dans l’Italie du xive siècle avant de se diffuser dans toute l’Europe moderne. Fondé sur un retour aux auteurs de l’Antiquité, prônant le renouveau des études des humanités (les studia humanitatis) et proposant une nouvelle vision de la place de l’homme dans le monde, il s’impose, progressivement, comme un modèle culturel dominant à l’échelle européenne. On associe bien souvent les termes de « Renaissance », d’« humanisme » et d’« Europe ». Mais de quelle Europe parle-t-on ? Nourrit-on vraiment à cette époque un sentiment d’appartenance européen ? Si la Renaissance nous a sans aucun doute légué une certaine idée de l’Europe, quelles notions recouvre-t-elle à l’époque des humanistes ? D’une Europe chrétienne gouvernée par le pape à une Europe des confédérations, d’une Europe aux identités plurielles à une Europe humaniste nouvelle république des lettres, autant de projets pour l’Europe entre rêves, espoirs et désillusions.

Portrait de Desiderius Erasmus de Rotterdam, par Hans Holbein le jeune