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La course de la Paix, le cyclisme amateur au-delà du rideau de fer

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Résumé 

Créée en 1948, la course de la Paix constitue la plus grande épreuve cycliste disputée dans les pays communistes. Elle survit difficilement à l’effondrement du système soviétique et disparaît en 2006. Son existence, saisie ici durant la période communiste, permet d’illustrer tout à la fois l’investissement politique d’une compétition sportive et la fortune contrastée des tentatives de connexion entre deux Europe séparées par le rideau de fer.

Logotype à la colombe de la Paix.
Logotype à la colombe de la Paix. Source : Wikimedia Commons

Une course populaire placée sous le signe de l’union

En 1948, les quotidiens des partis communistes polonais (Trybuna Ludu) et tchécoslovaque (Rudé Právo) organisent une compétition cycliste reliant Prague et Varsovie, qui prend en 1950 le nom de course de la Paix. En 1952, Neues Deutschland, organe du Parti socialiste unifié d’Allemagne (SED), leur est associé comme co-organisateur. La course de la Paix est supposée incarner les vertus de la réconciliation entre d’anciens peuples ennemis, sous l’égide du communisme triomphant, et son ambition est mondiale. La première page de son règlement définit l’objectif de l’épreuve : « La course de la Paix exprime la volonté de tous les participants de défendre une paix durable, la sécurité et la coopération entre les peuples de tous les continents de notre planète. […] Elle approfondit la solidarité internationale entre les sportifs tout en popularisant le cyclisme amateur. » Sa naissance est contemporaine du début de la guerre froide mais aussi d’une phase de propagande intense autour du vocabulaire pacifiste de la part de l’Union soviétique, que symbolisent en 1950 l’appel de Stockholm et la colombe de Picasso, imprimée sur le maillot du leader du classement général de la course de la Paix. En 1952, un journaliste français repère les petites colombes en papier bleu ou blanc agitées par les spectateurs sur le passage des coureurs.

Pourtant, l’épreuve, placée sous le signe d’une valeur et non dénommée par son parcours géographique, comme le sont la plupart des courses cyclistes, se heurte à des tensions internes au monde communiste. Les Yougoslaves, qui avaient fourni les deux vainqueurs de 1948 (seule année où la course avait été tronçonnée en un aller et un retour), sont exclus dès l’année suivante pour cause de schisme titiste. En 1969, c’est la Tchécoslovaquie qui se trouve marginalisée, suite à la répression du printemps de Prague. La course de la Paix n’emprunte le territoire tchécoslovaque que lors de la cinquième étape. Prague est donc absente de cette édition. Les dirigeants sportifs tchécoslovaques font savoir officiellement qu’ils ne peuvent organiser la même année la course de la Paix et le championnat du monde amateurs mais le poids des événements politiques est évident. La course de la Paix est aussi l’occasion pour les populations d’Europe centrale et orientale d’exprimer leur patriotisme en acclamant leurs coureurs face à leurs compétiteurs soviétiques. En 1985 et 1986, La Pravda devient co-organisateur et les départs sont donnés de Moscou puis Kiev. Dans un contexte de perestroïka et de tensions latentes entre les communistes conservateurs est-allemands ou tchécoslovaques et Mikhaïl Gorbatchev, l’expérience est peu concluante et la course de la Paix reprend en 1987 son parcours traditionnel entre Berlin, Prague et Varsovie. En 1989, l’épreuve est démonétisée par l’absence d’une grande partie de l’élite du cyclisme soviétique, qui vient d’adopter le professionnalisme. En 1991 enfin, la course de Paix relie Prague et Varsovie mais évite l’Allemagne réunifiée, renouant ainsi avec le parcours de ses débuts…

La course de la Paix, en dépit de sa volonté, exprime donc imparfaitement l’union des pays communistes. Elle peine également à fédérer autour d’elle l’ensemble du cyclisme européen même si son succès en la matière semble aller croissant.

Des circulations et transferts relativement limités

Les pays de l’Est se taillent la part du lion en matière de victoires individuelles et surtout collectives (l’épreuve se dispute par équipes nationales). Le peloton est en effet composé de leurs meilleurs coureurs tandis que les cyclistes les plus performants d’Europe de l’Ouest deviennent professionnels et quittent donc le circuit amateur. Douze éditions sont remportées par des ressortissants de la RDA, dix par des coureurs soviétiques, sept par des cyclistes polonais, quatre par des Tchécoslovaques, deux par des Yougoslaves et une par un Bulgare. Face à cette très large domination, les Occidentaux remportent neuf victoires individuelles et seulement deux victoires au classement par équipes, ce qui traduit peut-être plus fidèlement le degré d’investissement des différentes fédérations. L’Espagne et le Portugal, longtemps sous la férule de dictatures conservatrices, n’apparaissent dans l’épreuve qu’à partir du milieu des années 1970. L’exemple de la France illustre la réticence de certaines fédérations à s’engager dans la course de la Paix. Les premières participations françaises sont le fait de la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail), structure qui représente le sport affinitaire engagé à gauche, et d’une équipe des Polonais de France. C’est en 1954 seulement que la FFC (Fédération française de cyclisme) aligne une équipe au départ de l’épreuve.

Celle-ci fait l’objet d’un traitement médiatique limité en Europe occidentale. L’agence France-Presse attend 1955 pour y envoyer un représentant. Le quotidien sportif L’Équipe lui emboîte le pas, mais le traitement de la course de la Paix y demeure toujours marginal. La vie de la FSGT lui consacre quelques lignes lors des premières éditions auxquelles participe la fédération mais s’en désintéresse ensuite. Seule la presse communiste lui accorde une attention soutenue, même si elle doit être nuancée : en 1980, L’Humanité publie un article un jour sur deux environ. Les journalistes communistes, dont le plus assidu est Émile Besson, s’insurgent régulièrement contre le manque d’intérêt des instances fédérales cyclistes françaises pour la course de la Paix et soulignent volontiers l’importance des foules qui assistent au passage et à l’arrivée des coureurs, oscillant selon eux de 150 000 à 300 000 personnes selon les capitales. L’accent est porté sur l’enthousiasme, les banderoles et les slogans autour d’un mot « mille fois écrit, mille fois répété : PAIX, PAX, MIR, FRIEDEN, POKOJ ». Une telle insistance est d’autant plus significative que l’épreuve se déroule en mai, à l’occasion de la victoire sur le nazisme, qui apparaissent chaque année dans les reportages consacrés à la course de la Paix.

Ceux qui les suivent peinent toutefois à masquer leur ennui devant un parcours (environ 2 000 kilomètres parcourus en une dizaine de jours) qui ne comporte pas de grosses difficultés, le peloton traversant la grande plaine germano-polonaise et la victoire d’étape étant très souvent adjugée au sprint. Le 9 mai 1988, un chroniqueur de L’Humanité regrette que la course de la Paix manque de relief « comme s’il n’y avait pas de montagnes en Pologne et en Tchécoslovaquie, comme si les Tatras, par exemple, n’existaient pas ». Cette année-là, L’Humanité propose de modifier l’épreuve en organisant un tracé Paris-Moscou. La tentative échoue en raison du contexte international, du manque de moyens financiers, des réticences des instances cyclistes internationales, mais aussi des « oppositions plus ou moins larvées dans certains pays traditionnellement organisateurs de la course de la Paix, frileux devant un événement qui abattait les frontières » (L’Humanité, 9 mai 1990). C’est reconnaître l’ancrage géographique de cette compétition dans une Europe centrale et orientale, à laquelle l’épreuve demeure identifiée.

Durant plus de trente ans, la course de la Paix s’impose comme la plus grande épreuve amateur du calendrier cycliste mondial. Elle remplit toutefois imparfaitement la mission que lui assignent ses organisateurs de favoriser la paix et les échanges entre nations, même si certains participants retirent de son ambiance un souvenir fort, le « meilleur » de sa carrière selon l’ancien champion du monde Jean Stablinski. En effet, l’engagement des pays d’Europe occidentale est relativement limité dans une épreuve que dominent pratiquement sans partage les ressortissants d’Europe de l’Est. Ce déséquilibre est rompu avec la dislocation du bloc communiste, qui permet aux coureurs des anciens pays du bloc soviétique d’accéder au professionnalisme, mais celle-ci entraîne le dépérissement progressif de la course de la Paix.