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christianisme

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La cathédrale de Cologne. Source : Fonds Colbert
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Par leur nombre et l’ambition de leur architecture, les cathédrales constituent l’élément le plus visible d’un réseau ecclésiastique qui a structuré l’Europe depuis l’Antiquité paléochrétienne. Les choix architecturaux et les grands ensembles décoratifs (sculpture, peinture et vitrail) y expriment dans des proportions variables la volonté d’afficher le poids de la hiérarchie pontificale et celle de glorifier l’église locale. Leurs chantiers ont été des lieux d’intense brassage d’artistes venus de différents horizons, du Moyen Âge à l’époque contemporaine.

Carte confessionnelle de l’Europe. © Pierre Couhault.
Heinrich Thomann, scènes d‘iconoclasme de l’année 1528 dans la Reformationschronik d’Heinrich Bullinger (Zurich, Bibliothèque centrale, ms. B 316, f° 321v et 337), vers 1564. À Berne (en haut), le conseil municipal décide d’adopter la réforme et fait retirer les images des églises. À Toggenburg (en bas), la destruction des images par les habitants est un acte religieux autant que politique : ils se rallient à la réforme de Zwingli et dénoncent la tutelle du prince-abbé de Saint-Gall, seigneur du lieu.
Giorgio Vasari, Scènes de la Saint-Barthélemy, Palais apostolique du Vatican, 1573. Ces trois fresques monumentales décorent la grande salle d’audience (sala regia) du pape ; elles représentent l’attentat contre l’amiral de Coligny (au centre), son exécution et le massacre des protestants (à gauche) et le roi Charles IX prenant la responsabilité des événements (à droite).
Gerard ter Borch, Ratification du traité de Münster, 1648. © National Gallery on line/Rijksmuseum Amsterdam on line catalogue. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/YGwkVs

La diffusion de la Réforme protestante dans la première moitié du XVIe siècle provoque l’éclatement de la chrétienté. Le Sud reste fidèle au catholicisme. Au Nord, les autorités politiques imposent la nouvelle confession. Entre les deux, des États multiconfessionnels sont ébranlés par des affrontements religieux ; ils doivent inventer les modalités de la coexistence et trouver un nouvel équilibre entre le politique et le religieux. Les violences qui éclatent en Allemagne, en France ou dans les Pays-Bas sont nourries par l’angoisse d’un Jugement dernier imminent ou par le désir de contribuer à l’accomplissement de la volonté divine. Elles mettent en péril l’État. En inventant des moyens pacifiques de régler les conflits entre les différentes confessions, les autorités politiques réussissent à désamorcer les violences. L’intériorisation de la piété et la diffusion d’une conception plus individuelle du salut participent aussi à ce reflux. L’expérience et la mémoire des troubles religieux contribuent à renforcer le rôle de l’État et à imposer l’idée d’une séparation entre les sphères politique et religieuse.

Lucas Cranach le Jeune, Jean Frédéric de Saxe et les réformateurs, 1543, Toledo Museum of Art, Ohio.

Le luthéranisme est une des confessions chrétiennes issue de la contestation de l’Église romaine par Luther au début du xvie siècle. Si son nom se réfère au célèbre réformateur, la mise en place d’une doctrine et d’Églises structurées n’est pourtant pas de son seul fait et ne se stabilise que vers le dernier quart du siècle. Reste que l’identité du luthéranisme demeure fortement marquée par la figure du réformateur dont les principales réflexions théologiques et pastorales sont finalement retenues : le salut par la foi en un Dieu miséricordieux, l’autorité de l’Écriture seule, la croyance en la consubstantiation, la prédication en langue commune et l’importance du chant dans son expression, la scission avec Rome et l’autorité déléguée au pouvoir politique pour organiser les Églises territoriales.

Jean de Marville et Claus Sluter, Portail de l’église de la chartreuse de Champmol, 1386-1401.
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En 1084, Bruno de Cologne établit dans les Alpes la Grande Chartreuse, un monastère où est privilégiée la solitude érémitique. D’autres chartreuses sont fondées dès le début du xiie siècle. Au cours du temps, cette communauté s’est illustrée par la pureté idéale de sa vie contemplative. Des rois, des princes, des évêques ou des papes ont bâti des chartreuses dans plusieurs pays européens. De ce fait, et en contradiction avec leur vocation initiale, les chartreux se rapprochent des villes et commencent à accueillir dans leurs monastères de nombreuses œuvres d’art. Celles-ci présentent des similarités qui forment l’identité des chartreux, par-delà les frontières.

Première page de la Genèse. Bible polyglotte d’Alcala de Henares (1515-1517).
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La première modernité est un moment de recomposition, voire de fracture, de l’articulation entre activité intellectuelle et forme et expression de la foi. Le cadre intellectuel traditionnel doit se redéfinir face aux implications de la critique humaniste des textes, au défi lancé par la rupture protestante et par l’ouverture souvent problématique que constitue, pour les Européens, la rencontre avec Amérindiens, Africains et Asiatiques. Il en ressort un double mouvement, non exempt de tensions et de contradictions, de redéfinition de la doctrine et de catéchisation qui est lourd de conséquences sur la disposition à la croyance des fidèles, la croyance et l’expression de la foi se réduisant difficilement au consentement plus ou moins éclairé à un cadre de doctrine, fût-il modernisé.

Luther et ses collaborateurs, par Lucas Cranach le jeune. Détail de l’épitaphe du bourgmestre de Meienburg, Michael Meyenburg, peinture à huile, copie de l’original de 1558 autrefois conservée dans l’église saint Blaise de Nordhausen.
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La confrontation entre Érasme et Luther est un duel d’une importance majeure pour l’Europe de la première moitié du xvie siècle, car ce sont deux visions de l’homme, de l’histoire et de la foi qui s’affrontent. Alors qu’ils sont nés tous deux dans une Europe du Nord baignée par la devotio moderna, qu’ils ont reçu la même formation spirituelle et biblique, leurs chemins s’éloignent bientôt de manière radicale, car l’humanisme chrétien érasmien, qui défend une anthropologie optimiste, ne peut s’accorder avec le désespoir de la Réforme. En outre, la préférence d’Érasme pour les écrits d’Origène et de saint Jérôme, au détriment de ceux de saint Augustin, est insupportable pour Luther. L’impossible dialogue entre ces deux géants du xvie siècle participe au basculement de l’Europe moderne dans le schisme religieux.

Maître de Rohan, « Le mort devant son juge », enluminure des Grandes Heures de Rohan, vers 1440-1445 (Ms latin 9471, fol. 159, BNF).
Rogier Van der Weyden, panneau central du Polyptyque du Jugement (Beaune, musée des Hospices, vers 1445-1450). Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/ZwN8wh
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Michel est un saint particulier. En tant qu’archange, il est un messager privilégié entre le Ciel et la Terre. Son combat contre les forces du Mal lui permet de cumuler également les fonctions d’ange-gardien et de combattant, ce qui fait de lui le protecteur idéal de la monarchie française. La fin du Moyen Âge et le début de l’époque moderne voient ainsi la figure de l’archange s’imposer, particulièrement en France.

Léon-Augustin Lhermitte, Chez les humbles, 1905, huile sur toile, H. 1.04, L. 0.90 m. The Metropolitan Museum of Art, New York.

Dans un xixe siècle de bouleversements idéologiques, religieux et politiques, plusieurs artistes européens réinvestissent, à partir des années 1880, la figure christique pour l’installer en plein Paris ou dans le monde rural. Ce phénomène de contemporanéisation est symptomatique des déplacements artistiques, littéraires et idéologiques à l’œuvre dans l’Europe présécessionniste. Aussi tâcherons-nous de répondre cette question posée par Zola devant Agar et Ismaël de Jean-Charles Cazin : « Pourquoi prendre des sujets bibliques et les habiller à la moderne ? »

Quentin Massys, Portrait d'Erasme de Rotterdam, huile sur toile, 1517. Galleria nazionale d'Arte Antica.
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C’est en 1515 qu’Érasme décide de proposer une nouvelle édition du Nouveau Testament à l’Europe chrétienne de son temps. Profondément habité par ce texte et soucieux de permettre la renaissance des temps apostoliques, temps bénis du christianisme, il cherche moins à présenter une nouvelle traduction de l’œuvre qu’à corriger la Vulgate. Désireux d’offrir au peuple chrétien la Parole de Dieu libérée de toutes les scories déposées par le passage des siècles, l’humaniste s’impose alors une triple exigence dans son travail de philologue : fidélité, lucidité et pureté du langage. Pour la première fois dans l’histoire du christianisme, Érasme applique ainsi aux écrits néo-testamentaires des règles qui valent pour l’ensemble des textes littéraires. Mais, ce faisant, il déclenche un séisme dans l’Europe chrétienne d’alors puisque, toucher à la Vulgate, c’est ébranler toute la tradition chrétienne séculaire. Immense succès éditorial, le Nouveau Testament d’Érasme de 1516 assure à son auteur une gloire éternelle, mais déchire pour des siècles le paysage religieux européen.

John Ruskin (1819-1900), autoportrait, 1875, aquarelle, 47.6 x 31.1 cm.
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La portée de l’œuvre de John Ruskin a été, et est encore, considérable tant en Angleterre que sur le continent. Son œuvre publiée constitue une véritable éducation esthétique et morale du regard pour ses contemporains victoriens. Véritable incarnation des aspirations esthétiques de son époque, l’œuvre de John Ruskin frappe pourtant par son ethnocentrisme, contournant soigneusement la question de la peinture française. Ce manque nous éclaire particulièrement sur sa vision fortement morale de l’art et de son rôle social.

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