circulations

Français
L’orchestre militaire de James Reese Europe jouant pour les blessés soignés dans l’hôpital auxiliaire provisoire sis au 9 rue des Batignolles dans le 17e arrondissement, 1918. @ Bibliothèque du Congrès.
Auteur-e-s: 

Apparu récemment (autour de 1900), le jazz relève à l’origine d’un territoire (celui des États-Unis) et d’une communauté (les Afro-Américains). Il s’est néanmoins très rapidement diffusé dans le monde, au cours de migrations culturelles qui doivent être examinées, pour déterminer notamment si l’Europe a été une véritable terre d’accueil pour le jazz, s’il y a été adopté sans changement, s’il y a pris naissance de façon plus ou moins autonome, ou s’il s’est adapté aux conditions locales et peut-être même à cette occasion transformé.

La cathédrale de Cologne. Source : Fonds Colbert
Auteur-e-s: 

Par leur nombre et l’ambition de leur architecture, les cathédrales constituent l’élément le plus visible d’un réseau ecclésiastique qui a structuré l’Europe depuis l’Antiquité paléochrétienne. Les choix architecturaux et les grands ensembles décoratifs (sculpture, peinture et vitrail) y expriment dans des proportions variables la volonté d’afficher le poids de la hiérarchie pontificale et celle de glorifier l’église locale. Leurs chantiers ont été des lieux d’intense brassage d’artistes venus de différents horizons, du Moyen Âge à l’époque contemporaine.

Les tribunes du circuit de Gueux lors du Grand Prix de la Marne 1928. © Archives municipales et communautaires de Reims (cote 31 W 385).
Auteur-e-s: 

Depuis le début du xxe siècle, notamment à l’occasion des coupes Gordon-Bennett (1900), c’est sous les projecteurs d’une presse cocardière, complice et friande de modernité technique que les constructeurs automobiles présentent, sur la scène européenne, les performances de leurs bolides. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, alors que le parc automobile et les flux touristiques croissent de façon vertigineuse, les courses automobiles se multiplient. Un championnat d’Europe est organisé en 1925 par la Commission sportive internationale de l’Association internationale des automobile-clubs reconnus (AIACR) qui s’appuie sur des initiatives locales. Pour les organisateurs locaux de courses, inscrire son circuit dans le calendrier du championnat d’Europe devient un enjeu majeur. Soutenus par les commerçants, industriels et édiles politiques locaux, les organisateurs saisissent l’occasion de la course pour faire de la publicité et stimuler l’économie.

Partout en Europe, des acteurs locaux se mobilisent en ce sens pour tirer profit et prestige des circulations plurielles qu’engendre le sport automobile européen. Le cas du Grand Prix de la Marne illustre parfaitement l’enchevêtrement des échelles qui caractérise, du local à l’international, l’émergence d’une scène et d’un public européens pour les spectacles sportifs automobiles.

Vue perspective de la façade nord de la salle de fêtes, lavis publié dans L’architecture aux salons. Salon de 1897, Armand Guérinet, éditeur des Musées nationaux, Paris, 1897, pl. 175-176. © Bibliothèque Forney.

Le japonisme est l’ensemble de la production artistique occidentale – française d’abord, puis européenne et américaine – qui s’est inspirée de la culture et de l’art japonais. Suivant de près la réouverture progressive de l’archipel nippon, ce courant artistique est apparu timidement à partir de 1854, date de la reprise forcée du dialogue entre le shogunat et le gouvernement des États-Unis, pour se révéler pleinement au cours des trois décennies suivant la réouverture officielle du pays, en 1868. L’architecture européenne n’a pas échappé à cette mode japonaise, dont nous présentons ici la genèse.

Banque du Japon, édifiée entre 1890 et 1896 à Tokyo par Tatsuno Kingo.

Sortant son pays de deux siècles de fermeture, l’empereur Meiji va conduire une intense politique de modernisation tout au long de son règne (1868-1912). Appelés pour participer à cette entreprise, des ingénieurs et architectes étrangers – italiens, français, britanniques, allemands et américains – débarquent dans l’archipel pour y diriger de grands ou petits chantiers de construction. Ils seront à l’origine des premiers édifices marqués par les modèles européens au Japon et formeront les premiers architectes japonais à l’architecture occidentale.

Jang Han-jong (張漢宗, 1768-1815), Nature morte sur étagères de bibliothèque, fin XVIIIe siècle, paravent à huit panneaux, couleurs sur papier, 195 x 361 cm. © Musée provincial de Gyeonggi.
Kim Hong-do (金弘道, 1745-1806), Falaise à Ongchon, 1788, Encre et couleurs sur soie, 30 x 43,7 cm, collection privée. © Korea Data Agency. https://goo.gl/Zao277
Auteur-e-s: 

Fermée depuis longtemps à l’étranger, la Corée n’a dans le courant du xviie siècle que des échanges culturels très réduits avec les Européens, moins nombreux que ceux entretenus avec ses voisins, le Japon et la Chine. Sentant le besoin de se moderniser, elle commence à la fin de ce siècle à s’ouvrir, par des contacts encore indirects et irréguliers avec les Occidentaux. L’introduction à la fin du xviiie siècle d’œuvres occidentales, produites dans un monde dont l’existence était souvent jusqu’alors inconnue, se traduit par un intérêt croissant pour quelques aspects de la culture européenne et de la religion chrétienne, ce qui se ressent dans différents domaines de la production artistique coréenne et particulièrement dans la peinture. Cette époque voit donc à la fois l’épanouissement d’une culture proprement coréenne et le développement de véritables échanges entre l’Extrême-Orient et l’Europe, bien avant la première ouverture d’un port de Corée aux navires occidentaux, à la fin du xixe siècle.

Hayne Brun, Décollation de saint Cucufat, 1504-1507. © Barcelone, Museu nacional d’art de Catalunya.
Auteur-e-s: 

Aux xive et xve siècles, l’Europe connaît un renouveau artistique dont bénéficie la péninsule Ibérique, et en particulier la couronne d’Aragon grâce à la prospérité du commerce du bassin méditerranéen et à ses souverains, grands mécènes. Marchands, clercs et nobles, mais aussi intellectuels et artistes se déplacent et convergent vers les centres de pouvoir que sont les cours princières et les grandes villes portuaires comme Barcelone et Valence. Ce phénomène touche de nombreux peintres français, néerlandais et allemands qui, par vagues successives, s’y installent pour un temps ou définitivement. Ces artistes, parmi lesquels Marçal de Sas, Louis Allyncbrood, Hayne Bru(y)n ou encore Jean de Bourgogne, apportent avec eux les savoirs et les modèles issus du nord de l’Europe.

Affiche du film Casablanca, réalisé par Michael Curtiz avec, notamment, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Conrad Veidt et Peter Lorre, 1942. 
Auteur-e-s: 

La symbiose des cultures européenne et américaine a permis à Hollywood de produire les plus grands chefs-d’œuvre du cinéma : les réalisateurs venus de Berlin et de Vienne – en particulier au cours des années 1930 –, ont apporté leur savoir-faire et leur culture qu’ils ont adaptés à leur nouvel environnement. L’expressionisme allemand, la psychanalyse et l’humour viennois ont nourri les films noirs, la comédie légère ou acerbe, le mélodrame et le western.

Jean de Marville et Claus Sluter, Portail de l’église de la chartreuse de Champmol, 1386-1401.
Auteur-e-s: 

En 1084, Bruno de Cologne établit dans les Alpes la Grande Chartreuse, un monastère où est privilégiée la solitude érémitique. D’autres chartreuses sont fondées dès le début du xiie siècle. Au cours du temps, cette communauté s’est illustrée par la pureté idéale de sa vie contemplative. Des rois, des princes, des évêques ou des papes ont bâti des chartreuses dans plusieurs pays européens. De ce fait, et en contradiction avec leur vocation initiale, les chartreux se rapprochent des villes et commencent à accueillir dans leurs monastères de nombreuses œuvres d’art. Celles-ci présentent des similarités qui forment l’identité des chartreux, par-delà les frontières.

Simon Fokke, Frontispice pour la revue Republyk der geleerden (« La République des lettrés »), 1745. Rijksmuseum RP-P-201b-1050. Minerve, déesse de la sagesse et du savoir, semble veiller sur la bibliothèque où travaillent et échangent les lettrés, tandis que Mercure, dieu associé à la presse et à l’information, les instruit.
Willem Moreelse, Portrait d’un savant inconnu, 1647, Tolède, Musée des Beaux-Arts, 1962.70. L’homme porte la couronne du Laureatus – signe de la reconnaissance du lettré – et présente un livre de botanique portant la mention « cette plante montre la présence de Dieu » en latin, écho de l’imbrication entre les lettres, les sciences et la théologie. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/P8JoxD
Auteur-e-s: 

Née en 1417, au sein d’un échange épistolaire en latin entre Francesco Barbaro et Le Pogge, l’expression ne s’impose réellement en Europe qu’à partir du début du xvie siècle : en 1520, Boniface Amerbach, fils du célèbre imprimeur de Bâle, fait alors d’Érasme le « monarque de toute la République des lettres ». La Respublica litteraria est appelée à une grande postérité. Les « lettres » désignent l’ensemble du savoir et les « gens de lettres » rassemblent alors tous ceux qui le cultivent, qu’ils soient qualifiés de littérateurs, érudits, doctes, savants. Dans les faits, la manière dont cet espace utopique est perçu et interprété évolue entre la Renaissance et la Révolution. La République des lettres n’est en rien un objet stable mais varie en fonction des contextes, géographiques et temporels. Pourtant, dans la cartographie des savoirs, la place de ce territoire des lettrés perdure durant toute l’époque moderne.

Pages

S'abonner à RSS - circulations