Bruges - Lac d'Amour

Bruges - Lac d'Amour

Au sud de Bruges, non loin du béguinage auquel est consacré un autre cliché du fonds Colbert, le lac d’Amour tire son nom d’une traduction fautive de son nom néerlandais, Minnewater. L’origine de ce dernier n’est pas bien établie, mais il pourrait avoir désigné l’« eau commune », ou bien le réservoir ou encore le port intérieur. Ce plan d’eau relié aux canaux qui entourent la ville. Ce bassin, qui fut creusé à plusieurs reprises, avait donc une fonction utilitaire, liée à l’importante activité commerciale qui fit au Moyen Âge de Bruges une des grandes plaques tournantes du commerce européen.
Cette histoire prestigieuse n’est que bien indirectement illustrée par ce cliché, qui donne surtout à voir le caractère pittoresque et particulièrement attrayant qu’a désormais ce site qu’accompagne un parc. Contrairement à ce qu’indique la légende, il ne paraît pas avoir été pris depuis le pont qui traverse le lac au sud : celui-ci est nettement trop éloigné et offre des vues bien plus distantes que celle reproduite ici, et sa seule vision permet de comprendre que le photographe était placé sur la rive occidentale. L’image met ainsi en valeur la maison d’écluse (sashuis) qui est disposée au-dessus de l’eau à l’extrémité septentrionale du lac. Construite au début du xvie siècle, elle apparaît ici telle qu’elle existe encore aujourd’hui et donc telle qu’elle a été restaurée par l’architecte belge Louis de la Censerie entre 1895 et 1897, date après laquelle a donc nécessairement été pris ce cliché.