Cérémonie du thé

Cérémonie du thé

Cette photographie représente une cérémonie du thé réalisée par quatre femmes geishas. On retrouve ici deux grandes traditions japonaises. Les geishas sont des artistes et des dames de compagnie qui reçoivent une éducation poussée et très complète : elles se consacrent à l’apprentissage des différents arts japonais traditionnels (musique, danse, calligraphie, art de la conversation) qu’elles offrent à une clientèle aisée. On envisage souvent à tort la geisha comme participant au phénomène de la prostitution : la réalité est plus complexe. Bien-sûr, ces femmes peuvent également offrir des services de nature sexuelle mais leurs attributions initiales ne comportent en rien l’obligation de se prostituer. Certains clients sont d’ailleurs prêts à payer très cher juste pour être vus en compagnie d’une geisha réputée. La confusion est peut-être née du fait que les geishas et les prostituées étaient reléguées dans les mêmes quartiers, les quartiers de plaisir, et fréquentaient les mêmes maisons de thé. De même, les geishas usent du mécénat : leurs clients les plus fidèles leur laissent d’importants pourboires qui servent à payer leurs onéreux kimonos et les accessoires de danse et de musique par exemple. La geisha peut même se choisir un danna, qui sera son bienfaiteur principal. Le danna d’une geisha bénéficie d’un statut social particulièrement élevé, il est favorisé par elle et peut se voir octroyer, en l’occurrence, ses faveurs sexuelles. On reconnaît les geishas notamment à leur kimono, à leur chignon caractéristique sophistiqué et tenu par des baguettes ainsi qu’à leur peau très blanche, couverte de poudre de riz, excepté un espace en forme de trident laissé nu sur la nuque. La cérémonie du thé quant à elle (appelée chanoyu ou sado), est un art traditionnel inspiré du bouddhisme zen dans lequel le thé vert (matcha) est préparé selon un rite très codifié par un maître expérimenté et dégusté dans un cadre intime par un petit groupe d’invités. Au-delà de la dégustation, il s’agit d’une pratique spirituelle. Ici, comme témoignage de leur éducation, les geishas se livrent elles-mêmes à cette cérémonie sans l’intermédiaire d’un quelconque praticien.