Istanbul, intérieur de l’abside de Sainte-Sophie

Istanbul, intérieur de l’abside de Sainte-Sophie

Lancer un pont au travers de la Corne d’Or, à Istanbul, impliquait de construire un ouvrage de près de cinq cents mètres de long si l’on souhaitait qu’il ne soit pas éloigné du Bosphore. L’évidente difficulté technique que posait un tel projet entraîna à plusieurs reprises son report, mais l’installation permanente du sultan au nord du bras d’eau suscita sa relance au début du XIXe siècle. Un premier pont soutenu par des bateaux fut donc ouvert en 1836 près de l’Arsenal, mais ce point restait éloigné de l’embouchure. Emprunter ce passage imposant aux dignitaires de faire un assez long détour, un deuxième pont sur pontons fut aménagé en 1845 afin de créer un chemin plus direct. Cette nouvelle réalisation ne subsista toutefois que quelques années et fut reconstruite à plusieurs reprises. Entre 1872 et 1875, la société anglaise G. Wells réalisa ainsi le pont, à nouveau porté par des pontons, que montre cette photographie. Celle-ci est donc nécessairement antérieure à 1912, date à laquelle l’ouvrage fut une nouvelle fois remplacé.
Le cliché permet de voir l’ensemble du tablier du pont, dont on distingue facilement les planches. Il montre également, sur la gauche, différentes petites embarcations ainsi que, sur la droite, de plus grands bateaux, qui rappellent que l’estuaire auquel on a donné le nom de Corne d’Or est un important port naturel. Pris depuis la rive sud et regardant vers le nord, il donne enfin à voir à l’arrière-plan un panorama du quartier de Beyoğlu, que domine, sur la droite, la tour médiévale de Galata.