Dahomey - Le Wharf de Cotonou

Dahomey - Le Wharf de Cotonou

Un wharf, mot d’origine anglaise, est un appontement perpendiculaire au rivage permettant aux navires d’accoster sur ses deux côtés. Le wharf de Cotonou date de 1892, la décision de sa construction est une conséquence de la première guerre du Dahomey qui a opposé les armées françaises à celles du Dahomey et à l’issue de laquelle la ville de Cotonou a été cédée à la France. Durant la seconde guerre du Dahomey, qui a duré de 1892 à 1894 et a entrainé la fin du royaume, le wharf de Cotonou a joué un rôle stratégique en facilitant le débarquement des troupes françaises. A la fin de la guerre, Béhanzin, le dernier roi du Dahomey, a été exilé en Martinique, deux photographies du fonds Colbert le montre durant sa captivité.
Le rôle du wharf de Cotonou n’a toutefois pas été seulement militaire, il a également servi au débarquement et à l’embarquement des marchandises : de grands entrepôts, visibles à l’arrière-plan de cette photographie, lui sont associés et il est équipé de grues à son extrémité. De 1893 à 1909, la gestion du wharf a été successivement assurée par la Société française du wharf de Cotonou, la Société des magasins généraux du Bénin et la Compagnie des magasins et appontements du Dahomey. En 1909, après une courte reprise en main par les autorités, la gestion en est confiée à la Compagnie française des chemins de fer au Dahomey puis en 1932 à la Société des Ports Coloniaux. Le port de Cotonou est devenu durant la période coloniale un des ports les plus importants d’Afrique de l’Ouest et l’est resté par la suite.
Le 2 février 1914, les Annales coloniales ont publié un numéro consacré aux « voies de communication au Dahomey » dans lequel se trouve un article détaillé sur le wharf de Cotonou. L’histoire de sa construction et l’évolution de ses équipements y sont rappelés et son rôle est souligné par l’importance des volumes de marchandises qui y transitent.
Durant le xxe siècle, le port de Cotonou a fait l’objet de plusieurs campagnes de transformation et de modernisation, ces travaux ont notamment fortement transformé le wharf qui a été reconstruit, allongé ou rééquipé à plusieurs reprises. Son aspect actuel diffère ainsi sensiblement de celui visible sur cette photographie.