Damas - les jardins et l'Anti-Liban

Damas - les jardins et l'Anti-Liban

Cette vue montre la limite de la ville de Damas et les jardins qui entourent la ville, à l’horizon on devine les silhouettes des montagnes de l’Anti-Liban.
Les jardins de Damas portent en arabe le nom de Ghouta qui signifie Oasis. Les jardins aux abords de la ville datent de l’Antiquité et sont réputés pour leur luxuriance depuis cette époque. Leur alimentation en eau est assurée par la canalisation de la Barrada, une rivière descendant de l’Anti-Liban. Cette oasis artificielle aux portes de la ville est compartimentée par des murets qui délimitent une multitude de propriétés privées et de jardins publics.
Les voyageurs occidentaux de la fin du xixe siècle et des premières années du xxe siècle ont laissé de nombreuses descriptions des jardins, ils y insistent en particulier sur la très grande variété d’arbres fruitiers qui s’y trouve et donne d’abondantes récoltes ainsi que sur le contraste entre la vitalité des jardins et la stérilité du désert auquel ils font face. Dans son traité de 1892 consacré à la Syrie, au Liban et à la Palestine, le géographe orientaliste Vital Cuinet consacre une notice aux jardins de Damas : « L’aspect des jardins est celui d’une forêt touffue, exclusivement peuplée des plus beaux arbres fruitiers qui soient au monde. […] Les fruits cultivés dans ces délicieux jardins sont l’orange et les diverses autres hespéridées, les pommes et les poires, les coings, les raisins […] C'est de ces jardins que les historiens et les poètes arabes ont dit : « Si le paradis est sur la terre, ce ne peut être qu'à Damas ; mais s'il est dans le ciel, Damas doit lui disputer la palme de la beauté. » ». Cet extrait de la notice de Vital Cuinet illustre l’impact que pouvaient avoir les jardins sur les voyageurs arrivant du désert à la fin du xixe siècle.