Dinant – le pont, la collégiale et le fort

Dinant – le pont, la collégiale et le fort

Si la plaque de verre porte la mention « Dinan », le cliché ne représente pas la ville bretonne, mais bien la ville belge de Dinant, dont il montre trois importantes constructions. Au premier plan s’étale en effet le pont qui permet de franchir le cours de la Meuse. Détruit et remplacé à de nombreuses reprises, il apparaît ici tel qu’il avait été refait entre 1868 et 1870 : le cours du fleuve était alors franchi par trois grandes arches métalliques reposant des piles maçonnées, le passage était protégé par un garde-corps de fer forgé et des lampadaires disposés aux angles des piles donnaient de la lumière la nuit. Cette construction fut ruinée en 1914, rétablie de façon provisoire puis à nouveau détruite, refaite en 1925 mais anéantie en 1940 et enfin remplacée après la Seconde Guerre mondiale par l’actuel pont Charles-de-Gaulle.
La photographie montre également, sur la droite, la collégiale Notre-Dame, édifice dont la reconstruction fut entreprise dans le second quart du xiiie siècle. Encore précédée et en partie dissimulée sur le cliché par une rangée de maison, la façade en est couronnée par un impressionnant bulbe servant de clocher.
En dépit de son élancement vertical, cette structure ne dépasse par la formidable falaise qui se dresse derrière, et dont la photographie permet de mesurer la valeur stratégique. Fortifié à plusieurs reprises, cet éperon rocheux dressé au-dessus de la Meuse fut couronné entre 1817 et 1821 par un nouveau fort conçu par l’ingénieur E. Bergsma. Traditionnellement qualifié de citadelle, ce point fortifié prend la forme d’un pentagone irrégulier, dirigé vers le fleuve. Sa construction fut en effet entreprise dans le cadre de l’aménagement de la Barrière des Pays-Bas, ceinture fortifiée dressée face à la France en vertu du traité de 1815.