Florence – Palazzo Vecchio

Florence, le Palais vieux, vue panoramique

Date d’édition non renseignée [après 1873] ; contretype d'une photographie [1873] de Giorgio Sommer, publiée dans Giorgio Sommer, Largo Vittoria, Napoli. [Album Firenze, album de 90 photographies des musées et monuments de Florence (localisation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Cartes et Plans, département Société de Géographie, SG WC-644, n° 21 ; ancienne cote : « 1608 –  Palazzo vechio. Firenze)]

Cette photographie montre dans son état, au cours du 3e quart du xixe siècle, l’un des édifices les plus connus de Florence avec le Duomo,  le palais médiéval de la Seigneurie florentine construit en grande partie au xive siècle. D’après cette vue, le portique du Palazzo Vecchio ne semble pas avoir changé depuis la seconde moitié de xixe siècle.

Eh ! quoi de plus italien que Florence ? […] nous commençons notre exploration par la rue Porta Rossa.
Après avoir pris à droite,
À gauche tu trouveras,
au fond de la place dellà Signorià, un monument austère, comme l’indique le nom, palazzo Vecchio […] (Georges Bastard, 1878, p. 43)

Georges Bastard, dans ce journal de voyage, poursuit avec la description des grands chefs-d’œuvre de la sculpture, conçus et installés sur cette place comme un grand programme moral et politique : le Persée de Cellini et le groupe du Judith et Holopherne par Donatello situés sous la Loggia dei Lanzi – visible à droite de la photographie – ou encore l’Hercule et Cacus de Bandinelli et le David Michel-Ange qui encadrent la porte méridionale du palais… Cette dernière sculpture est néanmoins déposée – quelques années seulement après l’ouvrage de Georges Bastard, et la photographie de Giorgio Sommer. Elle sera remplacée plus tardivement par une réplique ; en effet 1873, pour les autorités florentines la valeur patrimoniale de l’œuvre et l’importance de son auteur nécessitent la protection de cette sculpture. La volonté de soustraire ces œuvres aux possibles destructions dès la seconde moitié du xixe siècle, puis de les remplacer, témoigne bien du fait que Florence est, à ce moment, une ville touristique consciente de la richesse de son patrimoine et de l’importance économique de le préserver.

Ce cliché de Giorgio Sommer a les mêmes finalités. Le photographe publia en effet une dizaine d’albums essentiellement sur l’Italie, sortes de voyages touristiques photographiques, contenant des sites pittoresques, les plus grands monuments par région, des costumes locaux et ethnographiques, des chefs-d’œuvre artistique.