Indiens Guahibos du rio Meseta

Indiens Guahibos du rio Meseta

Jean Chaffanjon (1854-1913) reçut en novembre 1885 par le Ministère de l’instruction publique, une mission scientifique visant à étudier la géographie et l’histoire naturelle du bassin de l’Orénoque, la partie supérieure du bassin étant réputée infranchissable. Il s’agissait également d’une mission économique visant à statuer sur la possibilité d’établir une liaison fluviale entre l’Amazone et l’Orénoque. Au cours de son expédition qui débuta en février 1886, il a procédé à une étude des mœurs, et coutumes des peuples ayant habité ou habitant encore les bords de l’Orénoque parmi lesquels les Guahibos. Il a également constitué des collections d’ethnographie et d’histoire naturelle déposées à son retour au Muséum et au Trocadéro. Il réalisa également un ensemble de photographies déposées à la Société de Géographie, et transposées sur plaques de verre par Molténi pour ses conférences. La présente plaque est un exemplaire commercialisé réalisé à partir des originaux de la Société de Géographie (Bibliothèque nationale de France, département Société de Géographie, SGE SG XGF-134), ce qui permet de dater la prise de vue avec certitude du 23 septembre 1886. Dans le compte rendu de la communication de Chaffanjon intitulée « L’Orénoque et ses sources », prononcée le 21 novembre 1887 au Groupe géographique du Sud-Ouest de Bordeaux, il y est précisé :
« Les Indiens Guahibos vivent sur la rive gauche de l’Orénoque, où ils se livrent à la culture du maniox ; sur la rive droite habitent les Piaoras dont les cases, en forme de cône, atteignent des dimensions considérables (13 ou 15 mètres de diamètre et 8 ou 9 de hauteur. » (Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux, 05 novembre 1887, p. 685)
Il publia en juillet 1888 le récit de son exploration dans la revue populaire Le Tour du Monde, récit duquel Jules Verne s’inspira pour rédiger La Superbe Orénoque en 1898, n’hésitant d’ailleurs pas à citer sa source, Jean, le personnage principal, ayant avec lui les écrits de Chaffanjon pour aborder sa propre exploration.