Milan, la cathédrale « el duomo », dédiée à « Mariæ nascenti », [cathédrale de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge] et la Piazza del Duomo.

Milan, la cathédrale « el duomo », dédiée à « Mariæ nascenti », [cathédrale de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge] et la Piazza del Duomo.

Avec sa façade en marbre scandée de hauts contreforts coiffés de pinacles ajourés, le Duomo, cathédrale de Milan, est présenté par ses commentateurs de la fin du XIXe siècle français comme « l’orgueil de la Lombardie ». Dans ses Flâneries, Arthur-Ernest Weber entame ainsi la description de la façade de la cathédrale – dont les termes font échos à ce cliché n° 165-57 : « La cathédrale se détache bien nettement sur le ciel, indigo pur, du soir. Cette merveille architecturale en marbre blanc, ces fines découpures, ces dentelles, ce dôme central captivent l’attention. » (Arthur-Ernest Weber, Milan, septembre 1892. Autour d’un congrès : flâneries hors séance, Fontainebleau, Bourges, 1893, p. 16.)
Quelques auteurs, tels Claude-François Méneval ou Henri Martineau (dans sa réédition de Rome, Naples et Florence de Stendhal), semblent même s’enthousiasmer pour la cathédrale, attribuant une part significative de son édification à Napoléon Ier. En effet cette construction de style gothique présente une façade réalisée entre les années 1805 et 1815 et que l’on pourrait qualifier d’historicisante avant l’heure à tel point cette restitution médiévale est liée au goût contemporain du début du XIXe siècle. Ce hiatus semble se deviner à travers la réflexion embarrassée d’Arthur-Ernest Weber devant la façade : « L’impression que l’on ressent, en regardant ce monument, est singulière. Les uns sont enthousiastes, les autres disent que c’est affreux. Je soupçonne ces derniers d’être photographes, parce que les masses blanches, viennent mal en photographie. » Il poursuit, tranchant à propos de la nature touristique du site : « Personnellement, je trouverais l’aspect encore plus agréable si, à chaque minute, des guides ou des marchands d’albums, ne nous assaillaient de leurs offres. / _ Merci, non, mais non. Enfin : basta ! alors ils quittent pour être remplacés par d’autres. »