Mississippi, vue aérienne

Mississippi, vue aérienne

Au début du XXe siècle, le Mississippi n’a aucun lien avec les possessions françaises. Toutefois, en proie à la mélancolie d’une expansion coloniale avortée du côté de l’Amérique, La Revue de l’histoire des colonies françaises en 1915, regrette la Louisiane française située à l’Est du Mississippi, déplorant notamment sa cession au roi d’Espagne Charles III par le traité de Fontainebleau le 3 novembre 1762. De même l’auteur imagine : « Si nos colons s’étaient montrés plus adroits, peut-être la Louisiane eût-elle fini par comprendre tout le bassin du Mississippi, mais ils avaient laissé les colons anglais descendre le long de la Belle-Rivière (Ohio) et s’étendre jusqu’au grand fleuve. » Le thème nostalgique des nouveaux territoires – perdus pour la France – est exploitée pareillement dans la grande vulgarisation à travers le motif du Mississippi. Ainsi Henri Jacottet, auteur de l’ouvrage didactique Les Grands fleuves paru en 1887, explique-t-il :
« Le Mississippi a été découvert par un Espagnol. Hernando de Soto, qui trouva la mort dans le pays ; son voyage, raconté par un compagnon, fut tenu secret par le gouvernement espagnol. Aussi les vrais découvreurs sont les Français venus après lui : Marquette, qui descendit le fleuve, Cavelier de la Salle, qui en reconnut l'embouchure ; dès l'origine nous trouvons ainsi la trace des pas de la France, dans ces terres qui furent françaises et qui malheureusement l'auront bientôt oublié. Ces premiers voyageurs donnèrent au fleuve le nom de Colbert, qui ne s'est pas maintenu ; » (Henri Jacottet, Les Grands Fleuves, Paris, Hachette, 1887, 370 p. p. 287)