Façade sud-est du Mont-Saint-Michel

Façade sud-est du Mont-Saint-Michel

Vraisemblablement fondé au début du viiie siècle, le sanctuaire dédié à l’archange saint Michel qui se dresse sur l’ancien Mont-Tombe s’est progressivement imposé comme l’un des plus fameux centres de pèlerinage d’Occident. Pris depuis le sud-est, ce cliché montre sur la droite la Merveille, érigée après que l’abbaye ait été prise et pillée en 1204, au cours de la conquête de la Normandie par Philippe Auguste et ses alliés bretons. Œuvre majeure du gothique normand, elle renferme, répartis sur trois niveaux l’aumônerie et un cellier, la salle des Hôtes et la salle des Chevaliers, puis le réfectoire et le cloître. À sa gauche, la photographie montre le chœur de l’abbatiale, reconstruit à partir de 1446. En contrebas, le rocher est entouré par l’enceinte en bonne partie mise en place au cours de la guerre de Cent-Ans, époque à laquelle le site joua un rôle militaire de premier plan. Ces défenses protègent le village qui, favorisé par le passage de nombreux pèlerins, s’est développé au pied du monastère.
Celui-ci bénéficia à partir de 1872 d’importants de restauration sous la conduite d’Édouard Corroyer. Sur la gauche du cliché apparaît ainsi l’échafaudage de soixante-deux mètres de hauteur que cet architecte fit poser l’année suivante. Nommé en 1888, son remplaçant Victor Petitgrand s’occupa notamment de la reconstruction de la tour de croisée romane de l’abbaye, entreprise en 1893-1894 puis surmontée en 1896-1897 d’une haute flèche que vint couronner une statue en cuivre de l’archange due à Frémiet. Si cette dernière ne se distingue qu’avec peine, la flèche est elle facilement visible sur la photographie, qui est donc postérieure à cette date. Son cadrage a pour sa part été choisi pour ne pas montrer la digue d’accès, dont l’on ne discerne que le départ dans l’angle inférieur gauche, et donner ainsi à voir un Mont-Saint-Michel magnifiquement isolé au milocalisation de sa baie.