Portrait officiel de Ranavalo III, dit aussi Ranavalona IIII, reine de Madagascar

Portrait officiel de Ranavalo III, dit aussi Ranavalona IIII, reine de Madagascar

Ranavalo III, dit aussi Ranavalano III (1861-1917) est la dernière reine de Madagascar. Elle fut couronnée le 22 novembre 1883. Dès 1894, le Constitutionnel dresse un portrait bien peu flatteur de Ranavalo III : « C’est une femme de taille au-dessous de la moyenne, aux traits peu délicats et au teint plus brun que la plupart de ses sujets. Elle s’habille à l’européenne et revêt aux jours de cérémonie une robe à queue en velours rouge ; dans ces rares occasions, elle place sur sa tête une couronne d’or. («La Cour Malgache », Le Constitutionnel, 06 octobre 1894, p. 1)
Le portrait photographique présente ici la reine en costume, sur son trône richement orné. À ses côtés est posé un bâton de commandement sur une imposante bible, symbole d’un régime de droit divin. Malgré l’apparence stable de ce régime magnifié par le portrait, le règne de Ranavalo III sera perturbé par l’annexion de Madagascar, déclarée colonie française le 6 août 1896. Six mois plus tard, le 28 février 1897, elle est arrêtée par le général Gallieni et déportée à la Réunion. Cette déportation est annoncée dans la presse par un télégramme de Galliéni, il y est évident qu’il s’agissait du dernier acte de la prise de pouvoir de la France sur Madagascar :
« Ranavalo est exilée. La royauté est abolie à Madagascar.
Telle est la nouvelle que les dépêches nous ont apportée dans la journée d’hier et qu’un télégramme du général Galliéni au ministre des colonies, a confirmée dans la soirée.
« La résolution qu’a prise le général Galliéni de déposséder la reine lui a été dictée, déclare une note officielle communiquée aux journaux, par l’hostilité sourde de la caste noble et la persistance des chefs de bande à se servir du nom de Ranavalo pour agiter les populations.
Un gouverneur général indigène a été institué à Tananarive. Les immeubles dépendant du palais ont été affectés aux écoles professionnelles récemment créées ou aux écoles françaises des missions évangéliques.
L’ensemble de ces mesures a été bien accueilli par la grande majorité de la population.
Ranavalo a quitté Tananarive le 28 février avec sa famille et ses serviteurs et a été conduite par un navire de guerre à la Réunion. »
La déchéance de la reine Ranavalo va consacrer définitivement le régime de l’annexion qui fut proclamé à Madagascar voici dix mois environ.
Désormais, plus rien ne subsiste du passé dans la grande île que nos soldats ont conquise à la France. Nous y sommes souverains maîtres. » (« Ranavalo déportée », Le Rappel, 13 mars 1897, p. 1)