Metz, vue du fort de St Quentin

Metz, vue du fort de St Quentin

Prise depuis la Moselle, cette vue montre le Mont Saint-Quentin sur lequel se trouvent deux des forts encerclant la ville de Metz. A la date de cette photographie, entre 1870 et 1914, Metz était en territoire allemand et la perte de la ville faisait l’objet d’une abondante littérature en France.
Le Mont Saint-Quentin et ses forts illustrent durant cette période les conséquences militaires de la perte de la ville. Les deux forts, Fort Diou et Fort Girardin, qui étaient inachevés en 1870 sont achevés par les allemands et rebaptisés Ostfort et Fort Manstein. L'ensemble est alors rebaptisées Feste Prinz Friedrich Karl.
En 1890, l’auteur Pascal Lauroy publie Metz et le joug prussien dont le titre et le discours reflètent les opinions qui dominent alors en France. Il évoque les forts du Mont Saint-Quentin et déplore leur occupation par les armées allemandes : « Tout en haut, à gauche de la voie, pareil à une forteresse du moyen âge, se dresse l'ancien fort Saint-Quentin dénommé aujourd'hui Frédéric-Charles. Ses nombreuses bouches à feu lui donnent l'aspect d'un monstre accroupi et prêt à vomir la mort sur la France. »
En 1902, une tour Bismarck est édifiée sur le Mont Saint-Quentin. Les tours Bismarck ont été édifiées à travers tout l’empire allemand en hommage à Otto von Bismarck, mort en 1890. Il n’est pas possible de déterminer si la tour était construite à la date de la photographie, mais l’édification sur le Mont Saint-Quentin de la seule tour Bismarck des territoires annexés à la France illustre la portée symbolique du lieu.