Terre-Neuve, le séchage du capelan au French Shore

Terre-Neuve, le séchage du capelan au French Shore

L'appellation « French Shore » (« côte française » en anglais) a désigné les côtes Nord de l'île de Terre-Neuve, selon des frontières variables, de 1713 à 1904. Selon le traité d'Utrecht conclu entre la France et la Grande-Bretagne en 1713, les pêcheurs français avaient le droit de s'établir sur ces côtes durant la saison de pêche à la condition de ne bâtir aucune construction pérenne.
La pêche à la morue au large de Terre-Neuve a été une activité importante pour de nombreux ports européens au xviiie et au xixe siècles, le French Shore a alors été un important avantage pour les pêcheurs français. Sur cette photographie, on observe des pêcheurs faisant sécher des capelans (mallotus villosus). Les capelans étaient pêchés au large de Terre-Neuve à la fois pour l'alimentation des pêcheurs et pour servir d’appâts lors de la pêche à la morue. Le séchage à terre des capelans, permettant de refaire une fois arrivé à Terre-Neuve des provisions pouvant se conserver lors de longues sorties en mer, est l'un des multiples avantages apportés par le French Shore jusqu'en 1904.
En 1855, le gouvernement de Terre-Neuve a remis en cause le French Shore. Les négociations sur ce qui était alors appelé « la question de Terre-Neuve » ont abouti en 1904 avec le renoncement par la France à l'essentiel de ses privilèges à Terre-Neuve.
Le titre de cette photographie mentionnant « au French Shore » permet de la dater avant 1904, elle a ainsi permis de faire connaître l'importance du French Shore au public à un moment où celui-ci était de plus en plus remis en cause.