Tours, la cathédrale Saint-Gatien

Tours, la cathédrale Saint-Gatien

Si le recul nécessaire a imposé de la montrer entre les constructions qui encadrent la rue percée dans l’axe, l’unique sujet de ce cliché est la cathédrale : le photographe a souhaité donner à voir l’ensemble de la façade, mais n’a pas cherché à la faire apparaître au côté des tout proches vestiges des remparts paléochrétiens. S’étendant sur environ trente mètres de large, cette composition haute de soixante-dix mètres est marquée par un très net élan vertical. Elle apparaît à première vue cohérente et symétrique, mais ce sentiment ne se vérifie pas dans les détails et résulte d’habiles habillages. La partie inférieure des tours a en effet été entreprise dans la seconde moitié du xiie siècle et au début du xiiie siècle et a été conçue de façon dissymétrique, celle du sud (à droite du cliché) étant plus étroite que celle du nord (à gauche). Au xve siècle, toutefois, la maçonnerie existante a été reprise et en bonne partie recouverte de nouveaux décors qui ont réussi à gommer cette différence. Au niveau inférieur, trois riches portails ont ainsi été insérés à la base des tours et dans l’axe du vaisseau central. Plus haut, une grande baie eux riches remplages, peut-être du deuxième quart du siècle, est encadrée par des décors aveugles d’une structure comparable mais d’un dessin différent. À la hauteur de la base du pignon qui dissimule le comble, s’étendent des galeries. Sur cette base ont enfin été lancées à partir de 1499 les parties hautes des tours, où se déploient les nouvelles formes de la Renaissance. Maçonneries et sculptures ont été l’objet aux xix et XXe siècles de nombreux travaux menés par le service des Monuments historiques, comme le rappelle l’échafaudage ici visible sur la tour nord.