Vue de la ville ancienne d’Ankara depuis les environs du temple d’Auguste

Prolongeant un autre cliché du fonds Colbert qui a été pris du même endroit et qui forme avec celui-ci un véritable panorama, cette photographie montre la vieille ville d’Ankara. Celle-ci était alors régulièrement nommée Angora, suivant la graphie adoptée dans la légende portée sur cette plaque de verre et qu’utilisa aussi en 1843 Auguste Wahlen, dont le guide signale : « Angora, appelée Ankorah et Engour par les Turcs (l’antique Ancyra), à 20 lieues sud-est de Boli. C’est la ville la plus malpropre de tout l’empire. »
Cette dernière mention, qu’il faut considérer avec précaution, est sans doute à rapprocher de la densité du bâti. Le cliché permet en effet de mesurer l’ampleur des constructions qui se pressaient à l’intérieur des murailles ceinturant l’agglomération. Jouant du relief escarpé du site, celles-ci rappellent que la ville fut dotée de fortifications dès l’antiquité, mais l’état visible sur la photographie résulte de nombreuses modifications et de divers compléments réalisés par la suite. Le château d’Ankara, qui se dresse au sommet de la montagne sur la gauche, a ainsi été aménagé dans l’antiquité tardive et au Moyen Âge.