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Pierre-Auguste Renoir, Monet lisant, huile sur toile, 61 x 50 cm, Paris, Musée Marmottan Monet.

Alors que tout ou presque semble avoir été découvert sur Claude Monet, la bibliothèque du père de l’impressionnisme est restée pendant très longtemps une source presqu’inconnue. Ce fonds de près de 900 ouvrages, toujours conservé dans la maison de l’artiste à Giverny, constitue pourtant une ressource essentielle pour mieux appréhender l’univers mental de l’artiste et mettre en perspective sa vie et son œuvre.

La liste des auteurs montre l’intérêt du peintre pour la littérature de son temps, plus que pour les grands auteurs classiques, ce que confirment les nombreux autographes conservés qui témoignent de sa proximité avec plusieurs écrivains. Bien que presque tous leurs ouvrages soient en français, la présence d’auteurs étrangers marque son ouverture sur la littérature européenne. Derrière ces références, dont la plupart sont assez courantes pour un homme de son époque, les ouvrages d’horticulture, de littérature artistique ou qui sont consacrés à la culture japonaise révèlent de leur côté des pans plus personnels de sa bibliothèque.

Dominique Papety, Femmes à la fontaine, Montpellier, Musée Fabre
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De la Révolution française à la Grande Guerre, peintres et sculpteurs puisent dans les trouvailles de l’archéologie européenne pour renouveler leur conception du modèle grec. Les statues antiques mises au jour sont assez vite diffusées par les musées, des moulages ou des publications savantes et populaires ; les artistes en extraient des caractères en porte-à-faux avec les modèles canoniques, enseignés à l’École des Beaux-Arts depuis l’institutionnalisation du néoclassicisme. En quelques générations, avec des passeurs comme David d’Angers, Ingres, Hittorff et Bourdelle, le modèle grec idéal hérité de la statuaire gréco-romaine est relégué et fait place à un modèle grec archaïque, plus rude et stylisé, correspondant à l’inspiration primitiviste des artistes modernes.

Arthur Henry Roberts (1819- ?), Charles Sauvageot dans son intérieur, 48 x 59 cm, 1856, Paris, Musée du Louvre.

Charles Sauvageot (1787-1860) – musicien, amateur, connaisseur autodidacte, collectionneur et donateur – est l’un des pères fondateurs du département des objets d’art au Louvre. Sa collection d’objets d’art du Moyen Âge et de la Renaissance – qui accueille les amateurs et les artistes européens – se constitue au contact des livres, ceux de la bibliothèque du collectionneur. Cette dernière a des contours capricieux, composée aussi bien de sommes savantes, de littérature, que tout un fond concernant les anecdotes, les mœurs et les usages des temps passés. Le catalogue de cette bibliothèque est une source inestimable qui permet à l’historien de l’art de pénétrer dans le laboratoire secret du collectionneur tâchant de faire renaître le passé artistique révolu.

Bibliothèque Ambrosienne, Ms. D 140 inf., Al-Ǧahiz, Tractatus de Animalibus (Kitāb al-hayawān), f. 10r. xve siècle, acquis par l’Ambrosienne avant 1631.
Jan Brueghel, Allégorie du feu, entre 1608 et 1610. Sources : Wikimedia Commons https://goo.gl/u6NRfb
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La bibliothèque Ambrosienne, ouverte au public en 1609, est l’une des premières bibliothèques publiques d’Europe. Son fondateur, le cardinal-archevêque Frédéric Borromée (1564-1631), a l’ambition de recréer à Milan un « temple des muses », dédié, sur le modèle alexandrin, à la lecture et à l’écriture érudites, grâce à la réunion de livres, de lettrés pensionnés par le lieu et d’une imprimerie. Fer de lance de la culture catholique dans l’Europe du xviie siècle, l’Ambrosienne n’est ni un observatoire ni un lieu d’expérimentation scientifique. En revanche ses collections d’objets, de livres et ses publications mettent en lumière les merveilles de la création. Frédéric Borromée réinterprète la « chambre des merveilles » humaniste dans le contexte de la Réforme catholique.

Bibliotheca Hertziana, Rome, Palais Zuccari, « Sala del Disegno » (1924-1925).
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Au début du xxe siècle, l’essor de l’histoire de l’art en tant que discipline à part entière s’accompagne de la création de grandes bibliothèques spécialisées. La Bibliotheca Hertziana, la Bibliothèque d’art et d’archéologie voulue par Jacques Doucet et la bibliothèque d’Aby Warburg constituent trois exemples majeurs de ce phénomène. Même si leur genèse est presque simultanée, ces trois institutions, en raison des enjeux et des personnalités qui président à leur création, incarnent autant d’approches différentes de l’histoire de l’art.

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