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Attentat de la rue Saint-Nicaise contre Napoléon Bonaparte le 24 décembre 1800 (estampe, auteur inconnu). © BnF.
Attentat contre le tsar Alexandre II le 1er mars 1881 (auteur inconnu). Source : https://marjinalis.livejournal.com/10867.html
L’attentat de la gare de Bologne, le 2 août 1980.  Une du journal Il Resto del Carlino, édition extraordinaire du 2 août 1980.
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Fortement médiatisé, le phénomène terroriste pèse lourd dans l’histoire de l’Europe contemporaine, mais reste difficile à appréhender. Il ne répond en effet à aucune définition satisfaisante. Éparpillé entre divers groupes, tributaire des idéologies les plus variées, il ne saurait se réduire à une succession d’attentats, de revendications et de procès. Il est donc nécessaire de le replacer dans un contexte et une dynamique plus larges, en observant les liens qui se tissent entre les différents mouvements, et en esquissant une généalogie du phénomène. Le terrorisme émerge dans l’Europe du xixe siècle. La France du Consulat inaugure cette violence d’un nouveau genre, qui s’importe en Russie où elle est théorisée par les nihilistes, et gagne l’Europe entière. L’anti-terrorisme, fondé sur des lois d’exceptions, apparaît de manière presque concomitante. L’État, qu’il soit colonial, dictatorial, révolutionnaire, totalitaire, a pu être amené à ériger la terreur en instrument de gouvernement. Le terrorisme s’affirme ainsi comme un instrument politique au service de l’État comme de ses opposants.

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En Europe comme ailleurs, les femmes ont été, pendant très longtemps, exclues des postes politiques. Il faut attendre l’issue du premier conflit mondial pour que la majorité des États européens accorde aux femmes le droit de vote et d’être élue, alors que ce droit est obtenu plus tardivement encore dans certains pays. Néanmoins, l’obtention du droit d’être élue ne s’est pas accompagnée d’une présence massive des femmes dans le champ politique. Et si, en lien avec les mobilisations paritaires et l’instauration de quotas à caractère contraignant dans les partis ou de règles électorales, une féminisation des classes politiques s’amorce depuis quelques décennies, elle reste très variable en Europe : plus effective dans les pays d’Europe du Nord, dans les partis de gauche et pour les mandats les moins prestigieux. Le champ politique demeure encore un univers plus masculin.

Carte confessionnelle de l’Europe. © Pierre Couhault.
Heinrich Thomann, scènes d‘iconoclasme de l’année 1528 dans la Reformationschronik d’Heinrich Bullinger (Zurich, Bibliothèque centrale, ms. B 316, f° 321v et 337), vers 1564. À Berne (en haut), le conseil municipal décide d’adopter la réforme et fait retirer les images des églises. À Toggenburg (en bas), la destruction des images par les habitants est un acte religieux autant que politique : ils se rallient à la réforme de Zwingli et dénoncent la tutelle du prince-abbé de Saint-Gall, seigneur du lieu.
Giorgio Vasari, Scènes de la Saint-Barthélemy, Palais apostolique du Vatican, 1573. Ces trois fresques monumentales décorent la grande salle d’audience (sala regia) du pape ; elles représentent l’attentat contre l’amiral de Coligny (au centre), son exécution et le massacre des protestants (à gauche) et le roi Charles IX prenant la responsabilité des événements (à droite).
Gerard ter Borch, Ratification du traité de Münster, 1648. © National Gallery on line/Rijksmuseum Amsterdam on line catalogue. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/YGwkVs

La diffusion de la Réforme protestante dans la première moitié du XVIe siècle provoque l’éclatement de la chrétienté. Le Sud reste fidèle au catholicisme. Au Nord, les autorités politiques imposent la nouvelle confession. Entre les deux, des États multiconfessionnels sont ébranlés par des affrontements religieux ; ils doivent inventer les modalités de la coexistence et trouver un nouvel équilibre entre le politique et le religieux. Les violences qui éclatent en Allemagne, en France ou dans les Pays-Bas sont nourries par l’angoisse d’un Jugement dernier imminent ou par le désir de contribuer à l’accomplissement de la volonté divine. Elles mettent en péril l’État. En inventant des moyens pacifiques de régler les conflits entre les différentes confessions, les autorités politiques réussissent à désamorcer les violences. L’intériorisation de la piété et la diffusion d’une conception plus individuelle du salut participent aussi à ce reflux. L’expérience et la mémoire des troubles religieux contribuent à renforcer le rôle de l’État et à imposer l’idée d’une séparation entre les sphères politique et religieuse.

Lucas Cranach le Jeune, Jean Frédéric de Saxe et les réformateurs, 1543, Toledo Museum of Art, Ohio.

Le luthéranisme est une des confessions chrétiennes issue de la contestation de l’Église romaine par Luther au début du xvie siècle. Si son nom se réfère au célèbre réformateur, la mise en place d’une doctrine et d’Églises structurées n’est pourtant pas de son seul fait et ne se stabilise que vers le dernier quart du siècle. Reste que l’identité du luthéranisme demeure fortement marquée par la figure du réformateur dont les principales réflexions théologiques et pastorales sont finalement retenues : le salut par la foi en un Dieu miséricordieux, l’autorité de l’Écriture seule, la croyance en la consubstantiation, la prédication en langue commune et l’importance du chant dans son expression, la scission avec Rome et l’autorité déléguée au pouvoir politique pour organiser les Églises territoriales.

Une batterie de katiouchas en action lors de la bataille de Stalingrad, 6 octobre 1942. RIA Novosti archive, image #303890 / Zelma / CC-BY-SA 3.0.
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Si la poudre n’est pas une invention européenne, le développement de l’artillerie a contribué depuis la fin du Moyen Âge à l’émergence des États européens et d’une culture militaire propre au continent, sous l’effet de la circulations des savoirs techniques. L’artillerie a également participé à l’élaboration d’une manière spécifique de faire et de vivre la guerre, qui a culminé avec les deux conflits mondiaux. Ce faisant, elle a conduit, à travers toute l’Europe, à une expérience particulière de la guerre qui, de traumatismes en destructions, a marqué par sa puissance dévastatrice la mémoire européenne.

Agence Meurisse, Carte de la guerre sur les boulevards avec curieux la contemplant, photographie de presse, 1918. © Gallica.
Jean-Baptiste Verzy, L’empereur Napoléon dans son bivouac préparant par la pensée la victoire d’Austerlitz, gravure à l’aquatinte, 19,2 x 28 cm, circa 1810. Source : Gallica https://goo.gl/W5vRNi
Kriegsspiel, jeu de guerre conçu en 1812 par Georg Leopold von Reiswitz pour Friedrich Wilhelm III (Fondation des châteaux et jardins prussiens de Berlin-Brandebourg) https://goo.gl/uLmcwN
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La représentation des espaces de la guerre sous la forme de cartes a des origines très anciennes, mais c’est à l’époque moderne que cet outil commence à modifier la nature du combat et de sa préparation. Les États européens et leurs armées jouent un rôle déterminant dans cette évolution. La cartographie européenne est née en partie de la guerre à partir du xviie siècle, et la guerre s’en est trouvée à son tour transformée. De la planification de la bataille à sa célébration, les cartes jouent des rôles variés dans leur rapport à l’activité guerrière. Elles participent aussi à la redéfinir.

Légions tchécoslovaques à Yekaterinburg, 15 septembre 1918.
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En projetant les Tchèques sur le devant de la scène internationale, les légions tchécoslovaques ont joué un rôle important au moment de la naissance de la Tchécoslovaquie entre 1917 et 1920, notamment en Russie. Leur rôle et les difficultés endurées ont suscité l’empathie de l’opinion occidentale. Par la suite, les légionnaires ont occupé une place importante dans la société tchécoslovaque, tant par leur activité au sein du nouvel État que dans la construction de la mémoire tchèque de la Première Guerre mondiale.

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