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Deux femmes en train de se promener dans les rues de Sarajevo (Yougoslavie) pendant l'entre-deux-guerres.
L’Islam en Europe, 2010. Source : Wikimedia Commons. https://goo.gl/JH9jWf
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Si l’Europe abrite aujourd’hui d’importantes populations musulmanes, c’est le fruit d’une histoire contemporaine au cours de laquelle à la présence ottomane sur une partie du continent se sont ajoutés la domination coloniale des puissances européennes et ses effets sur les migrations économiques. Trois aspects de la relation entre genre, islam et Europe sont ici étudiés : en premier lieu, les systèmes de représentations bâtis par les élites culturelles européennes au sujet des musulmans, et leurs variations en fonction de la classe, de la race et du genre ; en deuxième lieu, les politiques des États-nations envers leurs populations musulmanes, qui oscillent entre assimilation et stigmatisation selon les époques et les lieux, ainsi que les réponses des élites musulmanes, jonglant entre tentation communautariste et intégration dans des communautés nationales plus vastes ; enfin, la capacité d’agir des musulman.e.s d’Europe, qui se traduit dans la variété de leurs discours et pratiques de genre.

Groupe de prostituées au Tonkin dans les années 1950.
Prostituées dans l’Algérie coloniale.  Source : Christelle Taraud. https://goo.gl/FPuUGu
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À la suite de la phase de conquête coloniale engagée par les pays européens au xixe siècle, le contrôle de la prostitution se trouve au cœur des préoccupations des autorités. Il s’inscrit dans des relations de pouvoir de sexe, de race et de classe et constitue plus largement une tentative d’imposition de nouveaux modèles sexuels sur les femmes colonisées. Ce contrôle est cependant limité dans les faits, ce qui souligne l’incapacité des empires à réglementer la vie des populations colonisées dans ses moindres détails.

Illustration extraite de Léo Taxil, La prostitution contemporaine : étude d’une question sociale, Paris, Librairie populaire, 1884, et reprise par Régis Revenin dans Homosexualité et prostitution masculines à Paris : 1870-1918, Paris, L’Harmattan, 2005. 
Affiche du film Bundfald (« Le précipice », 1957, Palle Kjælurff-Schmitt et Robert Saaskin, 86 min), qui traite du problème de la manipulation et du chantage dans le monde de la prostitution homosexuelle. © Danish Film Institute. https://www.dfi.dk/en/viden-om-film/filmdatabasen/film/bundfald
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Attestée depuis l’Antiquité, la prostitution masculine connaît un vif essor au xixe siècle en Europe. Moins régulée que la prostitution féminine, elle joue un rôle important dans les pratiques et les imaginaires des relations homosexuelles (même si une prostitution masculine hétérosexuelle est aussi attestée). Elle est l’objet d’un discours souvent réprobateur de la part de médecins, policiers et juristes et de tentatives d’encadrement qui passent par différents outils législatifs selon les pays. Au cours du xxe siècle, la prostitution masculine subit une marginalisation dans les débats publics, à l’exception des enjeux de santé liés aux infections sexuellement transmissibles (IST). Elle se transforme plus récemment sous l’effet des nouvelles technologies d’information et de communication, qui diversifient les lieux et les interfaces entre clients et travailleurs du sexe.

Manifestation de Fathers 4 Justice devant le Parlement de Westminster, mai 2004. © DR.
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Le masculinisme est une des manifestations contemporaines de l’antiféminisme dans les pays occidentaux. Il défend l’idée que les femmes dominent désormais les hommes, lesquels sont appelés à se révolter, à organiser la résistance, à restaurer l’identité virile perdue, à revendiquer des droits, notamment en tant qu’époux divorcés et pères. Si les militants de ce qui est devenu un véritable mouvement sociopolitique croient avoir inventé le mot, il n’en est rien. Le terme, qui se banalise à partir des années 2000, apparaît un siècle plus tôt, employé alors par les féministes Hubertine Auclert (1848-1914) en français et Charlotte Perkins Gilman (1860-1935) en anglais pour désigner les défenseurs de la domination masculine. Le mot reste longtemps rare et instable, en français comme en anglais ou en allemand.

« Dienstmädchen-Petition » (« Pétition des domestiques »), Louis Rocca, 1848. © Stadtgeschichtlisches Museum Leipzig
Madame Celnart, Manuel complet des domestiques, ou L’art de former de bons serviteurs, Bayle-Mouillard, 1836. Source : Bnf/Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6283747n
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Au xixe siècle, la montée de la bourgeoisie, le début de l’industrialisation et l’urbanisation croissante ont entraîné en Europe une augmentation de la demande pour des domestiques en majorité de sexe féminin. Pour les jeunes femmes, le travail de domestique était souvent un emploi de transition jusqu’au mariage et était associé à une mobilité locale, régionale ou transnationale. Comme les conditions de travail n’étaient souvent pas réglementées, les domestiques vivaient dans une grande dépendance vis-à-vis de leur employeur et pouvaient facilement se retrouver dans des conditions précaires. La féminisation du personnel de maison reflète l’idée de plus en plus répandue que le travail domestique et la dépendance qu’il entraîne sont spécifiquement féminins. Après une phase de déclin, le nombre d’employé.e.s de maison a de nouveau fortement augmenté à la fin du xxe siècle. Les femmes migrantes, en particulier, sont employées comme aides domestiques, ce qui renforce l’ordre dominant entre les sexes. Leur principal motif de migration est le désir d’un niveau de vie plus élevé.

École professionnelle Bischoffsheim, Bruxelles, vers 1900. Carte postale.
École pratique de commerce et d’industrie de Rouen, cours de dactylographie, années 1920.  Carte postale. © Musée national de l’Éducation.
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L’histoire de la formation professionnelle forme un volet encore peu exploré de l’histoire des sociétés européennes, non seulement du fait de ses structures plus complexes que celles de l’enseignement « général » mais également du fait du statut social moins prestigieux qui lui est accordé. Encore plus méconnue est la place tenue par les filles et les femmes au sein des différents dispositifs nationaux, comme si leur formation à un métier ne constituait pas un enjeu. Or, dès le dernier tiers du xixe siècle, l’éducation professionnelle des femmes est discutée et se développe modestement aux côtés d’une offre de formation majoritairement masculine. Au-delà de la mosaïque des situations nationales, deux dynamiques principales sont à relever. L’une renvoie au mouvement d’émancipation des femmes que l’accès à la formation professionnelle et donc au marché du travail qualifié a rendu possible. L’autre interroge, dans le cadre de sociétés fortement impactées par les deux révolutions industrielles, la contribution des formations à la construction d’un marché du travail fortement segmenté selon le genre.

Couverture de Paolo Mantegazza, La fisiologia del piacere (1880)
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Le mot sexology est attesté dès les années 1860 en langue anglaise, mais ne prend son sens moderne de science de la sexualité que dans les années 1900, d’abord en allemand (Sexualwissenschaft) et néerlandais (seksuologie), puis en français, espagnol (sexología), italien (sessuologia). Interdisciplinaire, cette science se nourrit d’abord de nombreuses spécialités médicales, mais aussi des sciences humaines et sociales et des mouvements militants. Elle a pour ambition de comprendre la sexualité humaine et son développement tout en distinguant le « normal » du pathologique. Elle traite aussi des questions liées à la reproduction et à la santé sexuelle. Plusieurs temps peuvent être esquissés. Le dernier tiers du xixe siècle est celui la « psychopathologie sexuelle ». Dans le sillage de la réforme sexuelle et de l’eugénisme, la sexologie connaît un nouveau tournant dans l’entre-deux-guerres. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cette discipline se renouvelle, sous l’influence américaine, et entre dans quelques universités.

Des soldats britanniques donnent du chocolat à des civils néerlandais lors de la libération des Pays-Bas, 1944. Photographe : Sergent Laing de la no. 5 Army Film &Photographic Unit. Photographie B10245, Imperial War Museums.
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Mettant fin à une domination étrangère quelle qu’en soit le type – annexion de fait ou de jure, occupation militaire – et donc à une forme d’oppression, la libération apparaît comme un moment exceptionnel dans l’histoire des nations européennes. C’est aussi un moment fragile, de déprise comme de possible reprise de la violence, de rétablissement comme d’effondrement des structures étatiques, bref, un moment incertain de reconfiguration des rapports socio-politiques. Surtout, l’usage du terme participe souvent d’un discours de légitimation de l’action : ainsi les forces qui « libèrent » peuvent-elles se présenter elles-mêmes comme « libératrices », ou être perçues comme telles ou non par une partie des populations « libérées ». Dès lors que les expériences de la domination étrangère sont plurielles, celles des libérations ne répondent à aucun scénario pré-écrit.

Cette carte postale française de 1907, intitulée Souvenir de Nanterre, couronnement de la rosière 1907, témoigne de la valorisation sociale de la virginité féminine.
Cette lithographie de Jean-Jacques Grandville, intitulée Voyage pour l’éternité et réalisée en 1830, insiste sur les angoisses face au risque syphilitique tout en témoignant du rôle des prostituées dans l’éducation sexuelle des jeunes hommes, souvent emmenés au bordel par leur père. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/4TyXjr
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Entre les xixe et xxie siècles, les significations sociales et symboliques accordées à la virginité sont profondément reconfigurées : recul de l’importance de la virginité féminine au mariage, déchristianisation de sa conception... Mais si elle a en partie perdu sa signification sociale, la perte de la virginité demeure, pour les hommes comme pour les femmes, un événement individuel et intime important, qui participe pleinement de la construction sociale des identités de genre.

« Queer Liberation, Not Rainbow Capitalism demonstration », Activistes queer lors de la LGBT Pride à Dublin, Irlande juillet 2016

Depuis le xvie siècle queer signifie « pervers » en anglais. Le terme s’est répandu aux États-Unis à la fin du xxe siècle, pour critiquer et tenter de rendre obsolète le binarisme des sexes (homme/femme) et des sexualités (homosexualité/hétérosexualité) au moyen d’une analyse de leurs diversités. Son émergence sur le continent européen remonte aux années 1990, et s’exprime alors tant sur un plan académique (par la publication des théories queer) qu’à travers l’émergence de mouvements militants qui se distinguent du mouvement lesbien, gai, bi et transgenre (LGBT) traditionnel. Le queer en Europe se traduit par la constitution de nombreuses organisations nationales, répondant au contexte de chaque pays notamment dans leurs liens avec le mouvement LGBT, mais aussi par une dynamique transnationale perceptible du point de vue des questionnements théoriques et de manifestations européennes communes.

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