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genre

Français
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Le mot sexology est attesté dès les années 1860 en langue anglaise, mais ne prend son sens moderne de science de la sexualité que dans les années 1900, d’abord en allemand (Sexualwissenschaft) et néerlandais (seksuologie), puis en français, espagnol (sexología), italien (sessuologia). Interdisciplinaire, cette science se nourrit d’abord de nombreuses spécialités médicales, mais aussi des sciences humaines et sociales et des mouvements militants. Elle a pour ambition de comprendre la sexualité humaine et son développement tout en distinguant le « normal » du pathologique. Elle traite aussi des questions liées à la reproduction et à la santé sexuelle. Plusieurs temps peuvent être esquissés. Le dernier tiers du xixe siècle est celui la « psychopathologie sexuelle ». Dans le sillage de la réforme sexuelle et de l’eugénisme, la sexologie connaît un nouveau tournant dans l’entre-deux-guerres. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cette discipline se renouvelle, sous l’influence américaine, et entre dans quelques universités.

Des soldats britanniques donnent du chocolat à des civils néerlandais lors de la libération des Pays-Bas, 1944. Photographe : Sergent Laing de la no. 5 Army Film &Photographic Unit. Photographie B10245, Imperial War Museums.
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Mettant fin à une domination étrangère quelle qu’en soit le type – annexion de fait ou de jure, occupation militaire – et donc à une forme d’oppression, la libération apparaît comme un moment exceptionnel dans l’histoire des nations européennes. C’est aussi un moment fragile, de déprise comme de possible reprise de la violence, de rétablissement comme d’effondrement des structures étatiques, bref, un moment incertain de reconfiguration des rapports socio-politiques. Surtout, l’usage du terme participe souvent d’un discours de légitimation de l’action : ainsi les forces qui « libèrent » peuvent-elles se présenter elles-mêmes comme « libératrices », ou être perçues comme telles ou non par une partie des populations « libérées ». Dès lors que les expériences de la domination étrangère sont plurielles, celles des libérations ne répondent à aucun scénario pré-écrit.

« Queer Liberation, Not Rainbow Capitalism demonstration », Activistes queer lors de la LGBT Pride à Dublin, Irlande juillet 2016

Depuis le xvie siècle queer signifie « pervers » en anglais. Le terme s’est répandu aux États-Unis à la fin du xxe siècle, pour critiquer et tenter de rendre obsolète le binarisme des sexes (homme/femme) et des sexualités (homosexualité/hétérosexualité) au moyen d’une analyse de leurs diversités. Son émergence sur le continent européen remonte aux années 1990, et s’exprime alors tant sur un plan académique (par la publication des théories queer) qu’à travers l’émergence de mouvements militants qui se distinguent du mouvement lesbien, gai, bi et transgenre (LGBT) traditionnel. Le queer en Europe se traduit par la constitution de nombreuses organisations nationales, répondant au contexte de chaque pays notamment dans leurs liens avec le mouvement LGBT, mais aussi par une dynamique transnationale perceptible du point de vue des questionnements théoriques et de manifestations européennes communes.

Frontispice de l’Art de connoistre les hommes, de Marin Cureau de La Chambre. Le médecin du roi, au milieu de ses instruments et de ses livres représente la pratique savante de la physiognomonie qui relègue la diseuse de bonne aventure, dans la rue en habit folklorique, à un arrière-plan marginal.
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L’identité flottante des Tsiganes se construit peu à peu, à partir de leur arrivée en Europe occidentale au xve siècle. Malgré une fascination certaine, ils sont considérés comme des professionnels du nomadisme, du vol, du vagabondage et de la tromperie, au point qu’un arsenal législatif de plus en plus répressif est mis en place pour disloquer leurs groupes. La figure de la diseuse de bonne aventure incarne en partie les préjugés et les stéréotypes qui ont nourri l’imaginaire européen jusqu’à nos jours à l’égard des Tsiganes. La culture réprouvée de leur science curieuse, la chiromancie, est pourtant assimilée par l’Europe savante. Le succès des traités de physiognomonie et de chiromancie s’inspire du « savoir égyptien » apporté par les Tsiganes en Europe. À la science curieuse, populaire et orale de la chiromancie des Bohémiennes, s’oppose la chiromancie savante des lettrés. En ce sens, la culture tsigane influence et intègre la culture de l’Europe savante.

La consécration de deux nouveaux évêques par l’archevêque de l’Église de Suède Antje Jackelén (centre) : Johan Dalman, évêque de Strängnäs (gauche), et Mikael Mogren, évêque de Västerås (droite), cathédrale d’Uppsala, 6 septembre 2015.

Les questions de genre dans le protestantisme français et européen s’articulent autour de trois pôles : la participation aux luttes dans la société pour l’égalité des droits, l’inclusion et l’égalité dans les Églises, la production de théologies féministes ou LGBT. Des protestantes participent dès le xixe siècle aux premières luttes des femmes, sans que soit produite de théologie féministe. Dans la première partie du xxe siècle, alors qu’émerge la question de l’accès des femmes au ministère pastoral, se structurent des mouvements de jeunesse féminins, amenant la création d’un féminisme protestant dans les années 1960, actif dans les luttes pour la contraception et l’avortement. Les premières théologies féministes éclosent réellement dans les années 1970, particulièrement en Allemagne. À cette même période naissent des mouvements LGBT chrétiens, principalement en Grande-Bretagne dans un dialogue avec les États-Unis. Dans les Églises, les débats se concentrent sur l’accès des personnes LGBT au ministère de pasteur et de la demande de bénédiction d’union pour les couples de même sexe.

« Animal magnetism : The operator putting his patient into a crisis », dans Ebenezer Sibly, A Key To Physic and the Occult Sciences, 1814.
Albert de Rochas, L’extériorisation de la motricité, Paris, Chamuel, 1896, p. 189. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/pRwTtu
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À partir de la seconde moitié du xviiie siècle, l’association classique entre femmes et superstitions connaît un renouvellement. Leurs visions, leurs pouvoirs de guérison ou de nécromancie sont tout d’abord réévalués et réinterprétés, mais à l’aune de nouveaux savoirs médicaux ou spirituels dominés par les hommes entre la fin du xviiie siècle et le début du siècle suivant, dans les grandes villes européennes. Les croyances ancestrales et les rites populaires, y compris lorsqu’ils sont pratiqués par les femmes, sont collectés à titre de trésors nationaux ou régionaux tandis que les sorcières sont réintégrées dans l’histoire nationale et le génie des peuples. Mais cette réévaluation est toujours fragile et est contrebalancée par un très fort scepticisme qui parfois l’emporte, comme à la fin du xixe siècle, ou parfois cède devant d’autres intérêts plus politiques, comme dans les années 1930. Dès lors, à mesure que progresse l’idée que les superstitions ne sont plus que des survivances, la question du genre devient moins importante.

Vieux patriarche entouré de sa famille, Italie, vers 1910. La photographie met en scène les générations autour de la figure patriarcale. 
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Au xixe siècle et à travers une bonne partie du xxe siècle, l’autorité accordée aux pères est sous-tendue par le concept légal de patria potestas. Bien que cette position dominante remonte au droit romain, ce dernier continue de jouer un rôle déterminant au cours des deux derniers siècles. De manière générale, la période s’étalant du xvie au xviiie siècle voit la position du père s’affirmer et ce, d’autant plus manifestement dans le contexte du protestantisme. Le xixe siècle, quant à lui, voit la position du père se renforcer davantage. Cette supériorité de la figure de l’époux et du père (reflétée dans les termes de head of the family, chef de famille, jefe de famiglia, capofamiglia ou encore Familienoberhaupt) ne prendra fin dans les pays d’Europe occidentale qu’avec la réforme des lois sur la famille dans les années 1960 et 1970.

Symbole transgenre
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Le terme transidentités, apparu en Allemagne au début du xxe siècle, renvoie à un ensemble de pratiques d’identification à un genre différent de celui assigné à la naissance. La définition des transidentités se situe à la croisée des discours médicaux, des prescriptions juridiques et des pratiques sociales. Les avancées médicales et chirurgicales depuis le premier tiers du xxe siècle rendent possible le changement de sexe ; selon les pays, celui-ci peut comporter une dimension thérapeutique et s’accompagner d’une modification de l’état civil. À partir de la décennie 1960, les transidentités deviennent plus visibles et à des rythmes différents selon le contexte politique national ; des mesures médicales et juridiques sont adoptées pour prendre en compte les demandes des « trans », souvent sous la pression des nouvelles normes internationales. Durant les années 1990, des associations voient le jour et s’européanisent pour dépsychiatriser la transidentité ; elles trouvent dans la Cour européenne des droits de l’homme une alliée pour faire évoluer les législations nationales.

Première marche nationale pour les droits et les libertés des homosexuels Paris 4 avril 1981

L’histoire des mouvements homosexuels, LGBT puis LGBTQI (lesbiennes, gays, bis, trans, queers et intersexes), ne peut être comprise qu’à la lumière des formes de persécution et d’oppression à l’encontre des personnes ayant des relations affectives et sexuelles avec d’autres personnes de leur sexe et/ou ne se conformant pas aux attendus sociaux de leur genre. Leur émergence remonte à la première moitié du xixe siècle. Au début du xxie siècle, on observe une prise en compte croissante des demandes du mouvement LGBTQI, notamment en raison des dispositifs de lutte contre les discriminations, qui sont au fondement de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (2000).

Mariage et unions civils des couples de même sexe en Europe (2016).

Le mariage des couples de même sexe est un fait récent et toujours en évolution. Les premières propositions de reconnaissance de ce type d’unions en Europe datent de la fin du xixe siècle, mais la légalisation de celles-ci n’apparaît qu’à partir des années 1980, sous la forme de « partenariat enregistré » (Danemark, 1989) puis de mariage en 2001 aux Pays-Bas. Bien qu’aucune législation européenne n’oblige un État à reconnaître le mariage entre couples de même sexe, une résolution du Parlement européen demandait à ses États membres dès 2003 « d’abolir toute forme de discrimination dont sont encore victimes les homosexuels, notamment en matière de droit au mariage et d’adoption d’enfants ». En 2016, 21 États de l’Union européenne offrent un cadre légal pour les couples de même sexe.

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