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humanisme

Français
Le calvaire de la paix, édifié pour le congrès de Bierville en août 1926.
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Du Congrès universel de la paix de Milan, en 1906, à la Seconde Guerre mondiale, des catholiques français s’enrôlent dans le combat pour la paix. Cet engagement sans exclusive religieuse ou philosophique leur offre toutefois l’occasion pour eux de travailler avec leurs coreligionnaires de toute l’Europe. C’est le cas de Marc Sangnier fondateur du journal Le Sillon puis la Ligue de la Jeune-République, figure de proue du pacifisme catholique dans l’entre-deux-guerres. Dès 1920, il lance celle-ci dans la réconciliation franco-allemande afin que la Première Guerre mondiale soit bien la « der des ders. » Au sein de l’Internationale démocratique, les jeunes-républicains collaborent avec l’Internacio katolika et la Ligue des catholiques allemands pour la paix ainsi qu’avec des personnalités des autres pays européens. Cependant, dès le milieu des années 1920, les relations franco-allemandes deviennent plus difficiles suite à des désaccords internes comme à la dégradation du contexte international. À partir de 1933, les pacifistes catholiques voient leur champ d’action se réduire aux limites de leurs frontières nationales.

Carte confessionnelle de l’Europe. © Pierre Couhault.
Heinrich Thomann, scènes d‘iconoclasme de l’année 1528 dans la Reformationschronik d’Heinrich Bullinger (Zurich, Bibliothèque centrale, ms. B 316, f° 321v et 337), vers 1564. À Berne (en haut), le conseil municipal décide d’adopter la réforme et fait retirer les images des églises. À Toggenburg (en bas), la destruction des images par les habitants est un acte religieux autant que politique : ils se rallient à la réforme de Zwingli et dénoncent la tutelle du prince-abbé de Saint-Gall, seigneur du lieu.
Giorgio Vasari, Scènes de la Saint-Barthélemy, Palais apostolique du Vatican, 1573. Ces trois fresques monumentales décorent la grande salle d’audience (sala regia) du pape ; elles représentent l’attentat contre l’amiral de Coligny (au centre), son exécution et le massacre des protestants (à gauche) et le roi Charles IX prenant la responsabilité des événements (à droite).
Gerard ter Borch, Ratification du traité de Münster, 1648. © National Gallery on line/Rijksmuseum Amsterdam on line catalogue. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/YGwkVs

La diffusion de la Réforme protestante dans la première moitié du XVIe siècle provoque l’éclatement de la chrétienté. Le Sud reste fidèle au catholicisme. Au Nord, les autorités politiques imposent la nouvelle confession. Entre les deux, des États multiconfessionnels sont ébranlés par des affrontements religieux ; ils doivent inventer les modalités de la coexistence et trouver un nouvel équilibre entre le politique et le religieux. Les violences qui éclatent en Allemagne, en France ou dans les Pays-Bas sont nourries par l’angoisse d’un Jugement dernier imminent ou par le désir de contribuer à l’accomplissement de la volonté divine. Elles mettent en péril l’État. En inventant des moyens pacifiques de régler les conflits entre les différentes confessions, les autorités politiques réussissent à désamorcer les violences. L’intériorisation de la piété et la diffusion d’une conception plus individuelle du salut participent aussi à ce reflux. L’expérience et la mémoire des troubles religieux contribuent à renforcer le rôle de l’État et à imposer l’idée d’une séparation entre les sphères politique et religieuse.

Pie II se rend à Ancône en 1464 pour hâter le départ de la croisade contre les Turcs, fresque de Pinturicchio pour la bibliothèque piccolominienne de Sienne, vers 1505.  Aux pieds du pape, on reconnaît le doge de Venise, Cristoforo Moro (en jaune), et le prince byzantin Thomas Paléologue, frère du dernier empereur (en bleu).
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Quelques années après la chute de Constantinople, le De Europa d’Enea Silvio Piccolomini (1458) présente l’ensemble du continent européen dans ses dimensions géographique, historique et géopolitique au moment où la menace turque se fait pressante, en particulier dans les Balkans. Pour inciter les nations européennes à s’unir contre leur adversaire commun, l’humaniste devenu pape met en évidence les éléments d’appartenance à une culture et à une croyance communes en décrivant les différentes contrées qui les abritent : l’héritage de la pensée grecque transmise par Rome et la religion chrétienne doivent, selon l’humaniste, demeurer les éléments puissamment fédérateurs de peuples perçus dans leur ensemble et à ce titre désignés pour la première fois par le terme « européens ». L’union des Européens est la condition sine qua non de leur survie face à un ennemi qui ne partage ni leur héritage culturel, ni leur foi, ni leurs valeurs.

Représentation du sac de Rome en fléau divin dans un traité et pronostication sur la guerre de Rome, ms. Spencer 81, f° 3v, New York Public Library.
La descente de Bourbon en Italie. Carte de l’auteur.
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Le sac de Rome par les troupes de l’empereur Charles Quint – roi de Germanie, d’Espagne, de Naples et de Sicile, seigneur des Pays-Bas – en mai 1527 est un événement d’une rare violence qui a marqué tous les esprits au xvie siècle. Accident d’une guerre opposant une bonne partie des princes européens, il sert en partie d’exutoire aux tensions religieuses qui s’accumulent depuis la fin du Moyen Âge. Les protestants, mais aussi les soldats catholiques, y communient dans une ivresse sacrale qui annonce les conflits confessionnels à venir. Les soldats y conservent, cependant, une réelle rationalité – qui accorde tout son poids aux logiques de prédation. Rapidement connues dans toute l’Europe, ces exactions sont très majoritairement interprétées comme un événement religieux : juste châtiment de l’antéchrist papiste ou de la corruption de l’Église, fléau divin, sacrilège ou occasion de réconcilier les chrétiens dans la réforme universelle.

Lucas Cranach le Jeune, Jean Frédéric de Saxe et les réformateurs, 1543, Toledo Museum of Art, Ohio.

Le luthéranisme est une des confessions chrétiennes issue de la contestation de l’Église romaine par Luther au début du xvie siècle. Si son nom se réfère au célèbre réformateur, la mise en place d’une doctrine et d’Églises structurées n’est pourtant pas de son seul fait et ne se stabilise que vers le dernier quart du siècle. Reste que l’identité du luthéranisme demeure fortement marquée par la figure du réformateur dont les principales réflexions théologiques et pastorales sont finalement retenues : le salut par la foi en un Dieu miséricordieux, l’autorité de l’Écriture seule, la croyance en la consubstantiation, la prédication en langue commune et l’importance du chant dans son expression, la scission avec Rome et l’autorité déléguée au pouvoir politique pour organiser les Églises territoriales.

« Beaucoup de ceux qui s’étaient adonnés aux sciences occultes amenèrent leurs livres et les brûlèrent devant tout le monde ».  L’épisode de saint Paul faisant brûler les livres de magie (Actes des apôtres, xix, 19) sert de modèle et de frontispice à l’Index des livres interdits, publié sur ordre du pape Benoît XIV en 1758. L’Index romain est la liste officielle des livres censurés par l’Église catholique.
« De vrijheid der drukpers » (La liberté de la presse), 1787. La Liberté repousse le censeur qui voulait enchaîner une écrivaine, assise aux pieds d’un monument à la gloire de l’imprimerie. La gravure défend la tradition libérale des Pays-Bas alors que le gouvernement de Guillaume V d’Orange tente d’interdire la presse contestataire. Amsterdam, Rijksmuseum. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/NM9vpx
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Tandis qu’au Moyen Âge, le censor était celui qui relisait et corrigeait le travail des moines copistes, à l’époque moderne, le terme renvoie à l’exercice par un pouvoir (politique, administratif, religieux, etc.) du droit de contrôler, et le cas échéant d’entraver ou d’interdire, la communication d’écrits au public. L’initiative revient aux autorités religieuses qui, dès la fin du xve siècle, tentent de vérifier, avant publication, l’orthodoxie des ouvrages qui commencent alors à s’imprimer. Les États interviennent ensuite pour empêcher les contrefaçons et protéger les imprimeurs. Dès le xvie siècle, les privilèges ne servent donc plus seulement à accorder à un éditeur le monopole d’un texte pendant une période donnée, mais aussi à encadrer les normes de production et à en vérifier le contenu. La censure renvoie ainsi à un système de contrôle complexe, fondé sur une double tension entre administration et justice d’une part, police et commerce d’autre part. C’est seulement à la fin de l’Ancien Régime que les autorités réussissent à appliquer une réglementation relativement homogène et efficace, en réduisant, paradoxalement, l’attribution des privilèges.

Jean-Baptiste-Camille Corot, Le Parc des lions à Port-Marly, 1872, huile sur toile, 81 x 65 cm, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza,
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Pensée d’abord comme la gangue de la civilisation, longtemps redoutée ou célébrée comme le lieu où l’on se perd pour mieux se retrouver – que l’on soit un chevalier ou un enfant en prise avec un danger ou une pulsion –, la forêt européenne, raréfiée, cernée par les champs et les villes, tour à tour assimilée au jardin d’Éden, sauvegardée dans le parc ou projetée au-delà des océans, devint petit à petit le lieu – celui de l’originalité – que l’on perd à force de progrès.

Les trois figures tutélaires de la Royal Society – le roi Charles II, son fondateur, Lord Brouncker, son premier président, et Francis Bacon. Frontispice de Thomas Sprat, The History of the Royal Society of London (1667). Gravure de Wenceslaus Hollar d’après John Evelyn.
La Raison et la Philosophie lèvent le voile qui couvre la Vérité pendant que l’Imagination la couronne. Sa lumière dissipe les ténèbres et rayonne sur les sciences, au sommet desquelles se trouve la Théologie. Charles-Nicolas Cochin, Frontispice de l’Encyclopédie (1751). Source : Gallica/BnF. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8409673t
Une démonstration d’« électricité des corps » par l’abbé Nollet. Jean-Antoine Nollet, Leçons de physiques expérimentale, Paris, 1767-1769 (6e éd.), tome 6, planche 2. https://f-origin.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/102/files/2012/02/P3_Photo5_Cote36608_81741.jpg

Les XVIIe et XVIIIe siècles voient, en Europe, un essor considérable des sciences et des savoirs, qu’on a longtemps qualifié de « révolution scientifique ». Plus divers, plus varié, impliquant davantage d’acteurs que les seuls hommes de sciences, ce mouvement mobilise autant les États, les cénacles savants (comme les académies) que des artistes, artisans et ingénieurs. Les publics s’élargissent aussi sans cesse plus et sont mieux informés grâce à la circulation de l’imprimé. La République des lettres – encore élargie par la densification des correspondances, l’essor de la presse et les progrès de la traduction – participe de ce mouvement qui dépasse largement les moyens de contrôle et de censure des États. Avec l’élargissement de l’horizon que procurent les nouvelles explorations et les nouveaux empires coloniaux et commerciaux, le théâtre de la science et de la soif de savoir des Européens devient proprement universel. Ce rapport renouvelé à la connaissance et au monde contribue puissamment à forger l’identité européenne contemporaine.

Château de Heidelberg, dessin aquarellé. Mises à sac à la fin du xviie siècle par les Français pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg, les ruines des tours éventrées du château de Heidelberg représentent un ouvrage à la fois « du temps et de l’homme », au sens de Chateaubriand.
Syros, Cyclades, dessin aquarellé. © Tuija Lind, 2001. Vers la fin du XXe siècle, même les ruines ordinaires comme celles d’une usine abandonnée suscitent l’intérêt. Toute ruine nourrit la curiosité, car elle laisse la vision percer à travers ses murs.
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À partir de la Renaissance, l’intérêt pour les ruines s’est focalisé sur les monuments de l’Antiquité avant de toucher l’ensemble des vestiges du passé européen. La période de prédilection fut le siècle des Lumières qui, en ajoutant à la ruine comme témoignage du passé un statut d’objet esthétique, contribua à l’avènement de la discipline nouvelle de la restauration architecturale. Les études archéologiques et les mesures de protection se sont multipliées pendant les siècles suivants, ainsi que les catégories de ruines considérées comme monument ou objet à conserver. Aux ruines dites romantiques ou archéologiques s’ajoutent certaines ruines issues de destruction volontaire, catastrophe naturelle ou d’abandon. Aujourd’hui, la ruine – une structure dont le gros œuvre est sérieusement lésé – continue de susciter partout un vif intérêt parmi les professionnels et les visiteurs, alors que les guides et les gestionnaires du tourisme patrimonial ont remplacé les artistes et les écrivains d’autrefois.

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