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Tract électoral du Movimento Sociale Italiano, 1975.
Des militants d’extrême droite identitaires autrichiens lors d’une manifestation anti-migrants à Vienne. Source : Wikimedia Commons https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Demonstration_against_Morten_Kj%C3%A6rum_in_Vienna.jpg
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Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les extrêmes droites, exsangues et discréditées, peinent à constituer des réseaux pérennes de solidarité. Ce n’est vraiment qu’à partir des années 1960 que le combat nationaliste est envisagé à l’échelle européenne, pour dénoncer à la fois l’« Europe de Yalta » reléguée derrière les puissances américaine et soviétique, et l’Europe du Marché commun qui dévalue le rempart nationaliste contre la subversion marxiste. Les groupes et partis d’extrême droite multiplient les contacts et rencontres informelles, et dès les années 1970 sont établies des listes communes pour les élections européennes. Les tentatives pour créer un groupe au Parlement européen prennent fin au début des années 1990, alors qu’émergent de nouveaux acteurs. Ces formations mobilisent l’électorat d’extrême droite autour des thèmes de l’immigration, du multiculturalisme et surtout, depuis les années 2000, de l’Islam. La rencontre des leaders de l’extrême droite européenne à Milan, en 2016, renverse d’ailleurs la stratégie de « normalisation » à laquelle aspiraient les principaux partis d’extrême droite européens.

La cathédrale de Cologne. Source : Fonds Colbert
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Par leur nombre et l’ambition de leur architecture, les cathédrales constituent l’élément le plus visible d’un réseau ecclésiastique qui a structuré l’Europe depuis l’Antiquité paléochrétienne. Les choix architecturaux et les grands ensembles décoratifs (sculpture, peinture et vitrail) y expriment dans des proportions variables la volonté d’afficher le poids de la hiérarchie pontificale et celle de glorifier l’église locale. Leurs chantiers ont été des lieux d’intense brassage d’artistes venus de différents horizons, du Moyen Âge à l’époque contemporaine.

Jean de Marville et Claus Sluter, Portail de l’église de la chartreuse de Champmol, 1386-1401.
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En 1084, Bruno de Cologne établit dans les Alpes la Grande Chartreuse, un monastère où est privilégiée la solitude érémitique. D’autres chartreuses sont fondées dès le début du xiie siècle. Au cours du temps, cette communauté s’est illustrée par la pureté idéale de sa vie contemplative. Des rois, des princes, des évêques ou des papes ont bâti des chartreuses dans plusieurs pays européens. De ce fait, et en contradiction avec leur vocation initiale, les chartreux se rapprochent des villes et commencent à accueillir dans leurs monastères de nombreuses œuvres d’art. Celles-ci présentent des similarités qui forment l’identité des chartreux, par-delà les frontières.

Les États européens possèdent un passé commun : l’expansion coloniale du xixe siècle. Durant cette période, les puissances coloniales ont mis en place des politiques d’intégration : la France a construit une politique d’intégration fondée sur l’assimilation, la Grande-Bretagne sur l’association, l’Allemagne présente un cas différent en proposant un pouvoir moins interventionniste. Autant de différences dont ont hérité les choix et les orientations des politiques migratoires européennes actuelles.

« Queer Liberation, Not Rainbow Capitalism demonstration », Activistes queer lors de la LGBT Pride à Dublin, Irlande juillet 2016

Depuis le xvie siècle queer signifie « pervers » en anglais. Le terme s’est répandu aux États-Unis à la fin du xxe siècle, pour critiquer et tenter de rendre obsolète le binarisme des sexes (homme/femme) et des sexualités (homosexualité/hétérosexualité) au moyen d’une analyse de leurs diversités. Son émergence sur le continent européen remonte aux années 1990, et s’exprime alors tant sur un plan académique (par la publication des théories queer) qu’à travers l’émergence de mouvements militants qui se distinguent du mouvement lesbien, gai, bi et transgenre (LGBT) traditionnel. Le queer en Europe se traduit par la constitution de nombreuses organisations nationales, répondant au contexte de chaque pays notamment dans leurs liens avec le mouvement LGBT, mais aussi par une dynamique transnationale perceptible du point de vue des questionnements théoriques et de manifestations européennes communes.

Titien, Diane et Actéon, huile sur toile, 185 × 202 cm, 1556-1559, Édinbourg, National Galleries of Scotland.
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L’art de l’Europe a été très tôt l’objet de l’histoire de l’art. Dès la fin du XIXe siècle, les suites de la pensée universaliste des encyclopédistes ont porté cette discipline à embrasser la production de tout le continent. Les travaux comparatistes se sont développés d’abord entre les pays d’Europe, puis entre l’Europe et les territoires extra-européens : chacun devenait à son tour cet « autre » exotique face à la vieille Europe, territoire de référence et point de départ de toutes les études. L’expansion coloniale, mais surtout la redéfinition de la notion « d’art » au tournant de 1900, ont jeté les bases d’une nouvelle réflexion sur la manière de comprendre la création extra-européenne. D’abord confisquées par l’ethnologie naissante, ces investigations se sont développées par la suite dans le sillage de l’histoire globale et connectée. Elles ont subi des mutations déterminantes à partir des années 1960, qui peuvent se définir par l’abandon des anciennes visions euro-centrées de l’art.

Maurice Dufrène, Petit salon, pavillon Une Ambassade française de la Société des Artistes décorateurs, Exposition  internationale  des arts décoratifs  et industriels modernes, Paris, 1925.
Pierre Chareau, Salle de repos et Francis Jourdain, Salle de culture physique, pavillon Une Ambassade française de la Société des Artistes décorateurs, Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, Paris, 1925
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L’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, qui se tient à Paris en 1925 et réunit la production de pas moins d’une vingtaine de nations, majoritairement européennes, a notamment pour but de démontrer l’excellence du savoir-faire français. Bien des pavillons érigés en cette occasion font ainsi part d’une débauche de luxe, pour des réalisations se voulant modernes tout en montrant une inspiration puisée dans les grands styles français du passé. La manifestation ne peut cependant être réduite à ce faste et aux tendances dites traditionnalistes de l’art déco, ce qu’attestent en particulier les réalisations présentées par des créateurs aux conceptions plus modernistes. Par ailleurs, les participations étrangères à l’Exposition sont souvent marquées par une inspiration locale mettant en exergue les sentiments identitaires qui ne cessent de s’affirmer en Europe.

Symbole transgenre
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Le terme transidentités, apparu en Allemagne au début du xxe siècle, renvoie à un ensemble de pratiques d’identification à un genre différent de celui assigné à la naissance. La définition des transidentités se situe à la croisée des discours médicaux, des prescriptions juridiques et des pratiques sociales. Les avancées médicales et chirurgicales depuis le premier tiers du xxe siècle rendent possible le changement de sexe ; selon les pays, celui-ci peut comporter une dimension thérapeutique et s’accompagner d’une modification de l’état civil. À partir de la décennie 1960, les transidentités deviennent plus visibles et à des rythmes différents selon le contexte politique national ; des mesures médicales et juridiques sont adoptées pour prendre en compte les demandes des « trans », souvent sous la pression des nouvelles normes internationales. Durant les années 1990, des associations voient le jour et s’européanisent pour dépsychiatriser la transidentité ; elles trouvent dans la Cour européenne des droits de l’homme une alliée pour faire évoluer les législations nationales.

Première marche nationale pour les droits et les libertés des homosexuels Paris 4 avril 1981

L’histoire des mouvements homosexuels, LGBT puis LGBTQI (lesbiennes, gays, bis, trans, queers et intersexes), ne peut être comprise qu’à la lumière des formes de persécution et d’oppression à l’encontre des personnes ayant des relations affectives et sexuelles avec d’autres personnes de leur sexe et/ou ne se conformant pas aux attendus sociaux de leur genre. Leur émergence remonte à la première moitié du xixe siècle. Au début du xxie siècle, on observe une prise en compte croissante des demandes du mouvement LGBTQI, notamment en raison des dispositifs de lutte contre les discriminations, qui sont au fondement de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (2000).

Hôtel de ville de Stockholm, façade donnant sur le lac Mälar. Arch. Ragnar ÖSTBERG (1911-1923). J. ROOSVAL dir., Stockholms Stadshus, Stockholm, Gunnar Tisells tekniska förlag, 1923. Paris, Bib. Nordique. 
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Le concept d’une architecture nationale naît au xviiie siècle en Angleterre où le néo-gothique apparaît comme un symbole de rayonnement du royaume, bientôt réorienté par les Arts and Crafts vers le vernaculaire. En Allemagne, l’achèvement de la cathédrale de Cologne donne au mouvement une allure ultra-romantique, concurrencée par le Rundbogenstil. En France, le néo-gothique, théorisé par les architectes rationalistes proches de Viollet-le-Duc, est concurrencé par le néo-roman plus régionaliste. Les architectures nationales prolifèrent ensuite de 1880 à 1920 en Europe. La culture populaire (Hongrie), les racines mythiques des territoires (Finlande, Catalogne), la beauté naturelle des matériaux locaux (Suède) comptent parmi les ingrédients principaux de ce recyclage architectural du passé.

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