Islam

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Deux femmes en train de se promener dans les rues de Sarajevo (Yougoslavie) pendant l'entre-deux-guerres.
L’Islam en Europe, 2010. Source : Wikimedia Commons. https://goo.gl/JH9jWf
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Si l’Europe abrite aujourd’hui d’importantes populations musulmanes, c’est le fruit d’une histoire contemporaine au cours de laquelle à la présence ottomane sur une partie du continent se sont ajoutés la domination coloniale des puissances européennes et ses effets sur les migrations économiques. Trois aspects de la relation entre genre, islam et Europe sont ici étudiés : en premier lieu, les systèmes de représentations bâtis par les élites culturelles européennes au sujet des musulmans, et leurs variations en fonction de la classe, de la race et du genre ; en deuxième lieu, les politiques des États-nations envers leurs populations musulmanes, qui oscillent entre assimilation et stigmatisation selon les époques et les lieux, ainsi que les réponses des élites musulmanes, jonglant entre tentation communautariste et intégration dans des communautés nationales plus vastes ; enfin, la capacité d’agir des musulman.e.s d’Europe, qui se traduit dans la variété de leurs discours et pratiques de genre.

Pie II se rend à Ancône en 1464 pour hâter le départ de la croisade contre les Turcs, fresque de Pinturicchio pour la bibliothèque piccolominienne de Sienne, vers 1505.  Aux pieds du pape, on reconnaît le doge de Venise, Cristoforo Moro (en jaune), et le prince byzantin Thomas Paléologue, frère du dernier empereur (en bleu).
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Quelques années après la chute de Constantinople, le De Europa d’Enea Silvio Piccolomini (1458) présente l’ensemble du continent européen dans ses dimensions géographique, historique et géopolitique au moment où la menace turque se fait pressante, en particulier dans les Balkans. Pour inciter les nations européennes à s’unir contre leur adversaire commun, l’humaniste devenu pape met en évidence les éléments d’appartenance à une culture et à une croyance communes en décrivant les différentes contrées qui les abritent : l’héritage de la pensée grecque transmise par Rome et la religion chrétienne doivent, selon l’humaniste, demeurer les éléments puissamment fédérateurs de peuples perçus dans leur ensemble et à ce titre désignés pour la première fois par le terme « européens ». L’union des Européens est la condition sine qua non de leur survie face à un ennemi qui ne partage ni leur héritage culturel, ni leur foi, ni leurs valeurs.

Manuscrit arabo-latin de Guglielmo Raimondo Moncada pour le duc d'Urbino
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L’histoire de la connaissance des langues de l’islam à la Renaissance a été récemment renouvelée. De nombreux témoignages attestent à la fois la persistance d’un intérêt aux xive et xve siècles, mais aussi les nouvelles approches fleurissant dans la péninsule Ibérique, en Italie, débouchant sur un intérêt européen dès le xvie siècle. Pourtant cette histoire est faite de discontinuités : les traductions coraniques latines bilingues des années 1450-1525 n’ont ainsi guère laissé de postérité. C’est l’étude des manuscrits bilingues subsistants, jusqu’à il y a peu négligés, et des réseaux de transmission, qui permettra d’éclairer peu à peu le contexte de réactivation périodique et de transmission de connaissances en milieu « latin » sur l’arabe, le turc et le persan, du xive au xvie siècle, contexte dépendant de facteurs complexes (réseaux marchands, liens entre communautés juives et chrétiennes, maintien de l’optique médiévale de controverse, nouvelles formes de curiosité intellectuelle et philologique, etc.).

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