jeunesse

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École professionnelle Bischoffsheim, Bruxelles, vers 1900. Carte postale.
École pratique de commerce et d’industrie de Rouen, cours de dactylographie, années 1920.  Carte postale. © Musée national de l’Éducation.
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L’histoire de la formation professionnelle forme un volet encore peu exploré de l’histoire des sociétés européennes, non seulement du fait de ses structures plus complexes que celles de l’enseignement « général » mais également du fait du statut social moins prestigieux qui lui est accordé. Encore plus méconnue est la place tenue par les filles et les femmes au sein des différents dispositifs nationaux, comme si leur formation à un métier ne constituait pas un enjeu. Or, dès le dernier tiers du xixe siècle, l’éducation professionnelle des femmes est discutée et se développe modestement aux côtés d’une offre de formation majoritairement masculine. Au-delà de la mosaïque des situations nationales, deux dynamiques principales sont à relever. L’une renvoie au mouvement d’émancipation des femmes que l’accès à la formation professionnelle et donc au marché du travail qualifié a rendu possible. L’autre interroge, dans le cadre de sociétés fortement impactées par les deux révolutions industrielles, la contribution des formations à la construction d’un marché du travail fortement segmenté selon le genre.

La consécration de deux nouveaux évêques par l’archevêque de l’Église de Suède Antje Jackelén (centre) : Johan Dalman, évêque de Strängnäs (gauche), et Mikael Mogren, évêque de Västerås (droite), cathédrale d’Uppsala, 6 septembre 2015.

Les questions de genre dans le protestantisme français et européen s’articulent autour de trois pôles : la participation aux luttes dans la société pour l’égalité des droits, l’inclusion et l’égalité dans les Églises, la production de théologies féministes ou LGBT. Des protestantes participent dès le xixe siècle aux premières luttes des femmes, sans que soit produite de théologie féministe. Dans la première partie du xxe siècle, alors qu’émerge la question de l’accès des femmes au ministère pastoral, se structurent des mouvements de jeunesse féminins, amenant la création d’un féminisme protestant dans les années 1960, actif dans les luttes pour la contraception et l’avortement. Les premières théologies féministes éclosent réellement dans les années 1970, particulièrement en Allemagne. À cette même période naissent des mouvements LGBT chrétiens, principalement en Grande-Bretagne dans un dialogue avec les États-Unis. Dans les Églises, les débats se concentrent sur l’accès des personnes LGBT au ministère de pasteur et de la demande de bénédiction d’union pour les couples de même sexe.

La question de l’instruction séparée à l’école, V poriadke diskussii, Krokodil, no.21, 1950, 4. Cette illustration d’un périodique soviétique révèle la dimension pédagogique des débats sur la réintroduction de la coéducation dans les écoles soviétiques dans les années 1950. Traduction de la légende : « Comment deux écoles secondaires... deviendront deux excellentes écoles », grâce à la mixité.
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Les écoles non mixtes se développent en Europe au début de la période moderne, puisqu’on présume alors que les garçons et les filles doivent mener des vies différentes et donc acquérir différentes compétences.  À la fin du xixe siècle, féministes et pédagogues remettent de plus en plus en cause cette séparation, notamment lorsqu’ils découvrent la prépondérance de la coéducation aux États-Unis. La coéducation devient progressivement le mode dominant d’éducation en Europe au xxe siècle, pour des raisons à la fois idéologiques, pédagogiques et pragmatiques. Néanmoins, son taux de croissance varie énormément en fonction de l’âge des élèves, de la culture religieuse et politique propre à chaque société, et de la disponibilité des écoles. 

Émergeant à la fin du xixe siècle, l’Éducation nouvelle devient un véritable mouvement pédagogique international dès les années 1920. Ses adhérent(e)s revendiquent une réforme profonde de l’enseignement reposant sur une connaissance scientifique de l’enfant et sur un renversement de la logique éducative. L’école devrait en effet s’adapter à l’enfant en respectant ses besoins et intérêts et lui permettre d’apprendre à travers l’expérience, l’activité et la coopération. Il s’agit donc de repenser les programmes, les méthodes pédagogiques ainsi que les rôles respectifs du maître et de l’élève afin que ce dernier puisse s’approprier les savoirs par lui-même. Les promoteurs/trices de l’Éducation nouvelle militent pour la coéducation des sexes, afin que garçons et filles puissent bénéficier d’une instruction commune dans un environnement commun. Pour eux, l’éducation doit être naturelle, proche de la vie, préparer les élèves à leur vie sociale à travers une expérience de vie communautaire à l’école. C’est ainsi qu’ils apprendront la tolérance et le respect de l’autre, enfants comme adultes.

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