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Guillaume Budé et Dame Philologie écrivent l’Institution du prince chrétien, BnF, Arsenal, ms. 5103, f° 1v.
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Les premières générations d’humanistes cherchent à ressusciter la culture et la littérature latines classiques. Ils se mettent en quête de manuscrits contenant des textes rares ou perdus, et traduisent les œuvres de la littérature classique grecque, récemment redécouverte. Des pionniers comme Pétrarque, Coluccio Salutati ou encore Le Pogge s’intéressent particulièrement à la restauration de l’œuvre de Cicéron, dont le latin devient un modèle au cours des siècles suivants. Grâce à l’invention de l’imprimerie, cette méthode venue d’Italie se diffuse à travers toute l’Europe. Au xvie siècle, les Pays-Bas deviennent le principal foyer des études philologiques, avec des savants de premier rang comme Érasme et Juste Lipse. Leurs travaux ont un rôle clé dans création de la nouvelle culture humaniste des élites européennes, mais aussi dans la genèse de la Réforme.

Pierre-Auguste Renoir, Monet lisant, huile sur toile, 61 x 50 cm, Paris, Musée Marmottan Monet.

Alors que tout ou presque semble avoir été découvert sur Claude Monet, la bibliothèque du père de l’impressionnisme est restée pendant très longtemps une source presqu’inconnue. Ce fonds de près de 900 ouvrages, toujours conservé dans la maison de l’artiste à Giverny, constitue pourtant une ressource essentielle pour mieux appréhender l’univers mental de l’artiste et mettre en perspective sa vie et son œuvre.

La liste des auteurs montre l’intérêt du peintre pour la littérature de son temps, plus que pour les grands auteurs classiques, ce que confirment les nombreux autographes conservés qui témoignent de sa proximité avec plusieurs écrivains. Bien que presque tous leurs ouvrages soient en français, la présence d’auteurs étrangers marque son ouverture sur la littérature européenne. Derrière ces références, dont la plupart sont assez courantes pour un homme de son époque, les ouvrages d’horticulture, de littérature artistique ou qui sont consacrés à la culture japonaise révèlent de leur côté des pans plus personnels de sa bibliothèque.

« Beaucoup de ceux qui s’étaient adonnés aux sciences occultes amenèrent leurs livres et les brûlèrent devant tout le monde ».  L’épisode de saint Paul faisant brûler les livres de magie (Actes des apôtres, xix, 19) sert de modèle et de frontispice à l’Index des livres interdits, publié sur ordre du pape Benoît XIV en 1758. L’Index romain est la liste officielle des livres censurés par l’Église catholique.
« De vrijheid der drukpers » (La liberté de la presse), 1787. La Liberté repousse le censeur qui voulait enchaîner une écrivaine, assise aux pieds d’un monument à la gloire de l’imprimerie. La gravure défend la tradition libérale des Pays-Bas alors que le gouvernement de Guillaume V d’Orange tente d’interdire la presse contestataire. Amsterdam, Rijksmuseum. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/NM9vpx
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Tandis qu’au Moyen Âge, le censor était celui qui relisait et corrigeait le travail des moines copistes, à l’époque moderne, le terme renvoie à l’exercice par un pouvoir (politique, administratif, religieux, etc.) du droit de contrôler, et le cas échéant d’entraver ou d’interdire, la communication d’écrits au public. L’initiative revient aux autorités religieuses qui, dès la fin du xve siècle, tentent de vérifier, avant publication, l’orthodoxie des ouvrages qui commencent alors à s’imprimer. Les États interviennent ensuite pour empêcher les contrefaçons et protéger les imprimeurs. Dès le xvie siècle, les privilèges ne servent donc plus seulement à accorder à un éditeur le monopole d’un texte pendant une période donnée, mais aussi à encadrer les normes de production et à en vérifier le contenu. La censure renvoie ainsi à un système de contrôle complexe, fondé sur une double tension entre administration et justice d’une part, police et commerce d’autre part. C’est seulement à la fin de l’Ancien Régime que les autorités réussissent à appliquer une réglementation relativement homogène et efficace, en réduisant, paradoxalement, l’attribution des privilèges.

Le Passional Christi und Antichristi (Wittenberg, 1521) oppose des épisodes de la vie du Christ et le comportement du pape-antéchrist à travers de petits textes allemands de Luther, illustrés de gravures de Lucas Cranach. Ici, un verset de l’évangile de Jean évoque le couronnement d’épines. En face, le pape, utilise une pseudo-loi de Constantin pour se faire couronner comme un empereur avec la tiare et la pourpre.

L’imprimé joue un rôle central dans les conflits politico-religieux en Europe au xvie siècle. Les réformateurs protestants aussi bien que les défenseurs de l’Église catholique y voient un instrument efficace pour réveiller les consciences, instruire les populations et gagner leur soutien. La politisation des conflits religieux encourage la production et la diffusion de textes qui justifient les soulèvements contre les autorités, expliquent les actions de ces dernières et formulent des théories politiques. La campagne de publications organisée par de véritables spécialistes de l’écriture devient un élément indispensable pour toute mobilisation. Quoique les tirages soient encore relativement modestes par rapport à la masse de la population majoritairement analphabète, les imprimés exercent une influence importante car ils ciblent les élites dotées du pouvoir d’action et capables de servir de relais vers les formes orales de la diffusion de l’information.

Vue extérieure du Panorama Museum de Bad Frankenhausen qui accueille la fresque monumentale (14 m x 123 m) peinte par Werner Tübke de 1983 à 1987
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La guerre est au cœur de la littérature européenne quel que soit le genre, l’origine de l’auteur ou le courant artistique. Le roman autobiographique d’Arturo Pérez-Reverte, tout en suivant les codes traditionnels, propose une vision originale de la guerre réfléchie dans le temps long et décortiquée sous tous ses aspects. Le lecteur est alors placé dans une situation inconfortable. Si la guerre, largement et différemment médiatisée, lui paraît familière, les problématiques soulevées par l’ouvrage le placent devant une réalité qui lui échappe.

Catalogue Harley 2571 regroupant différents manuscrits
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L’expression « République des lettres », le plus souvent utilisée aujourd’hui pour désigner le monde savant des humanistes de l’Europe moderne, est un syntagme aux usages multiples qui naît probablement dans le milieu des lettrés italiens au début du xve siècle. Sans préjuger des variations de son usage dans le temps et l’espace, il renvoie à une communauté de savants unis par des pratiques communes, notamment un amour partagé des belles lettres, et par un projet de construction de la concorde et du bien commun grâce au savoir et à la communication lettrée.

Carton d’invitation à l’exposition « Tout le monde Kaputt. La Première Guerre mondiale en BD » tenue à Giessen (Allemagne) du 12 juin 2013 au 7 juillet 2013. 

« Raconter la guerre » a toujours occupé une place certaine dans la bande dessinée en Europe, que ce soit comme instrument de propagande, d’héroïsation ou de dénonciation. Mais ce n’est que depuis quelques décennies que le nombre d’histoires sur la guerre prolifère, que la palette de sujets, d’espaces traités et de perspectives se multiplient, que la diffusion des histoires à travers l’Europe s’accentue. De ce fait, la bande dessinée alimente un fonds commun de « récits populaires » sur la guerre, tout comme elle nourrit les représentations contre la guerre.

Albrecht Dürer, Paysage pastoral avec des bergers jouant de la viole et de la flûte de pan, gravure.
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L’imprimerie naît en Allemagne avec la réalisation de la Bible de Gutenberg. Mais des imprimeurs s’installent dans toute l’Europe dès les premières décennies. Ils se spécialisent, s’organisent et collaborent avec des marchands et des libraires. La nouvelle industrie se concentre en particulier dans les villes marchandes et universitaires. Les stratégies éditoriales cherchent à toucher un public de plus en plus large, qui ne se limitent pas aux lettrés. Cependant, d’importants imprimeurs travaillent avec les humanistes pour la diffusion d’éditions révisées de bonne qualité ; leur collaboration porte sur des textes antiques, comme les éditions grecques d’Alde Manuce, mais également sur des textes religieux, la Bible en particulier. L’imprimerie est donc un vecteur du renouveau religieux et intellectuel, mais est également soupçonnée de véhiculer des idées nocives et hérétiques : avec la Réforme puis la Contre-Réforme, les imprimeurs deviennent de plus en plus contrôlés par les autorités politiques et religieuses, un contrôle que certains parviennent à contourner.

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