nation

Français
Margareth Thatcher, Discours de Bruges, 20 septembre 1988 : extrait et photographie.
Auteur-e-s: 

Si l’affirmation de la souveraineté nationale a triomphé au xixe siècle, ses principes ont pu être écornés avant même les débuts de la construction européenne. Il demeure qu’au sein du processus d’intégration européenne, des limites et des obstacles apparaissent, parfois transformés en véritables crises du projet européen, tandis que revient sur la scène le rôle majeur des États et des intérêts nationaux. L’ère gaullienne, en France, puis l’ère Thatcher, en Grande-Bretagne, représentent deux périodes clés d’opposition au projet d’Europe fédérale, au nom de la seule souveraineté légitime, celle de la nation ; ce que ravivent les oppositions au traité de Maastricht en 1992 puis au traité de Lisbonne dans les années 2000, en France tout particulièrement.

Tract électoral du Movimento Sociale Italiano, 1975.
Des militants d’extrême droite identitaires autrichiens lors d’une manifestation anti-migrants à Vienne. Source : Wikimedia Commons https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Demonstration_against_Morten_Kj%C3%A6rum_in_Vienna.jpg
Auteur-e-s: 

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les extrêmes droites, exsangues et discréditées, peinent à constituer des réseaux pérennes de solidarité. Ce n’est vraiment qu’à partir des années 1960 que le combat nationaliste est envisagé à l’échelle européenne, pour dénoncer à la fois l’« Europe de Yalta » reléguée derrière les puissances américaine et soviétique, et l’Europe du Marché commun qui dévalue le rempart nationaliste contre la subversion marxiste. Les groupes et partis d’extrême droite multiplient les contacts et rencontres informelles, et dès les années 1970 sont établies des listes communes pour les élections européennes. Les tentatives pour créer un groupe au Parlement européen prennent fin au début des années 1990, alors qu’émergent de nouveaux acteurs. Ces formations mobilisent l’électorat d’extrême droite autour des thèmes de l’immigration, du multiculturalisme et surtout, depuis les années 2000, de l’Islam. La rencontre des leaders de l’extrême droite européenne à Milan, en 2016, renverse d’ailleurs la stratégie de « normalisation » à laquelle aspiraient les principaux partis d’extrême droite européens.

Auguste Levêque, Hymne d’amour, non daté, huile sur toile, H. 1.82,  L. 2.35 m., Musée royal des beaux-arts d’Anvers.
Auteur-e-s: 

Jeune État né en 1830, la Belgique est depuis sa création en quête d’une identité culturelle. Dès lors, les critiques et historiens de l’art mettent en place au tournant du xxe siècle le concept nationaliste de l’art flamand, devant englober toute la production artistique du pays dans le giron du réalisme. Entre ostracisation et assimilation, le symbolisme, dont l’écho est considérable en Belgique, fait également l’objet de cette construction identitaire.

Assassinat de Bassville (agent de France à Rome) chez un banquier, 13 janvier 1793. Plume et encre noire, lavis gris.
Auteur-e-s: 

Contrairement aux poncifs historiographiques qui ont fait de la période révolutionnaire une parenthèse de vide diplomatique, la diplomatie sous la Révolution se décline en trois temps bien distincts : alors qu’elle demeure presque intangible sous la monarchie constitutionnelle (1789-1792), la diplomatie française est d’abord une diplomatie structurellement empêchée au début de la République (1792-1795), avant d’être progressivement militarisée sous le Directoire et le Consulat (1795-1804). Par conséquent, si la pratique diplomatique républicaine s’est d’abord distinguée par un réel art du compromis, elle se singularise ensuite autant par son intransigeance dans sa défense de la dignité nationale que par sa volonté de négocier en fonction de l’intérêt réciproque de la nation française et des peuples européens. Cette diplomatie de la souveraineté nationale ne saurait donc se confondre avec un véhicule de propagande révolutionnaire : plus qu’un « art de négocier » au service des princes, elle est redéfinie et réévaluée comme une véritable science des intérêts nationaux européens.

S'abonner à RSS - nation