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Carte d’Europe divisée en ses empires et royaumes... dressée par M. l’abbé Clouet, de l’Académie royale de Rouen, Paris, 1776.

Après l’échec des modèles universalistes de la chrétienté et de l’Empire mis à mal par les guerres de religion, les divers mouvements désignés comme Lumières contribuent à une redéfinition juridique, culturelle et civilisationnelle de l’Europe. Paix universelle, découvertes scientifiques, cénacles savants et lettrés, essor des empires et des consommations coloniales contribuent à forger un nouveau mode de vie et de rapport au monde. Dans une Europe encore sous l’ordre absolutiste, l’avènement concomitant de l’individualisme philosophique et de la « civilisation » européenne annonce les révolutions politiques comme la vocation des nouveaux empires globaux du siècle suivant.

La Haggadah de Sarajevo (Barcelone, vers 1350). © Musée national de Sarajevo.
Journal du premier voyage de Vasco de Gama en Inde (1497-1499). © Bibliothèque publique municipale de Porto. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/wZnB4c
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Le registre Mémoire du monde de l’Unesco, créé à partir de 1997, recense à travers le monde, des fonds d’archives jugés d’importance universelle majeure. Le but est de préserver et de faire connaître ces fonds locaux, considérés par l’Unesco comme le patrimoine commun de l’humanité. Environ deux cents ensembles documentaires sont désormais recensés pour trente-quatre pays du continent européen. Si certains documents sont fameux, comme les partitions de Beethoven ou la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, d’autres sont moins connus, ou plus fragiles, et l’inscription sur le registre de l’Unesco permet de les conserver, de les valoriser et de les faire connaître. Le registre Mémoire du monde dessine ainsi en creux, par les archives, une histoire de l’Europe fondée sur ses racines chrétiennes, son engagement outre-mer, mais aussi sur ses combats pour la liberté et la culture.

Bernard Picart (1673-1733), Les religieuses enchaînées ou la Destruction de Port-Royal des Champs, gravure au burin, vers 1709, Paris.
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Les crises religieuses liées au jansénisme affectèrent la carrière de nombreux graveurs français au début du xviiie siècle : ou bien ils s’exilèrent, ou bien ils furent les correspondants occultes de graveurs français installés en Angleterre ou en Hollande, devenues des plateformes de diffusion d’estampes polémiques. Dans les années 1760, la participation de graveurs français à des entreprises jansénistes clandestines les engagea à émigrer définitivement ou à séjourner pendant de longues années à l’étranger. Émigrés, ils changèrent souvent complètement d’orientation artistique.

Couverture de l'ouvrage de Louis REAU, Histoire de l'expansion de l'art français. Pays scandinaves, Angleterre, Amérique du Nord, Paris, Henri Laurens, 1931.
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L’idée de « l’expansion de l’art français » naît, à la fin du xixe siècle, dans le contexte de la réaction contre la conception de l’histoire nationale romantique. Elle fait renaître les modèles de la pensée historique des Modernes du xviie siècle et des philosophes du siècle des Lumières. À travers les écrits de Louis Réau (1881-1961), cette idée s’installe dans l’historiographie française d’entre les deux guerres et domine les écrits de l’histoire de l’art française au moins jusqu’aux années 1960.

John Ruskin (1819-1900), autoportrait, 1875, aquarelle, 47.6 x 31.1 cm.
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La portée de l’œuvre de John Ruskin a été, et est encore, considérable tant en Angleterre que sur le continent. Son œuvre publiée constitue une véritable éducation esthétique et morale du regard pour ses contemporains victoriens. Véritable incarnation des aspirations esthétiques de son époque, l’œuvre de John Ruskin frappe pourtant par son ethnocentrisme, contournant soigneusement la question de la peinture française. Ce manque nous éclaire particulièrement sur sa vision fortement morale de l’art et de son rôle social.

André Belloguet, L’Europe animale : physiologie comique composée et dessinée sur les contours géographiques de l’Europe

La critique du XIXe siècle ne peut se comprendre sans une remise en contexte systématique de ses écrits. La démarche semble d’autant plus essentielle que, définissant généralement le nationalisme comme le souhait d’un peuple de se constituer en nation et, par conséquent, le souhait d’un peuple d’apparaître comme tel aux yeux de l’étranger, ces mêmes écrits se nourrissent et mettent en évidence l’existence de stéréotypes nationaux solidement ancrés. Mais le nationalisme est aussi une notion conflictuelle, ayant besoin d’un ennemi désigné pour permettre la révélation d’un tout unifié. Via la confrontation des « écoles nationales » européennes sur les champs de bataille pacifiques des grandes expositions internationales, il sera aussi au fondement d’une réécriture partiale de l’histoire de l’art.

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