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religion

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Lucas Cranach le Jeune, Jean Frédéric de Saxe et les réformateurs, 1543, Toledo Museum of Art, Ohio.

Le luthéranisme est une des confessions chrétiennes issue de la contestation de l’Église romaine par Luther au début du xvie siècle. Si son nom se réfère au célèbre réformateur, la mise en place d’une doctrine et d’Églises structurées n’est pourtant pas de son seul fait et ne se stabilise que vers le dernier quart du siècle. Reste que l’identité du luthéranisme demeure fortement marquée par la figure du réformateur dont les principales réflexions théologiques et pastorales sont finalement retenues : le salut par la foi en un Dieu miséricordieux, l’autorité de l’Écriture seule, la croyance en la consubstantiation, la prédication en langue commune et l’importance du chant dans son expression, la scission avec Rome et l’autorité déléguée au pouvoir politique pour organiser les Églises territoriales.

« Animal magnetism : The operator putting his patient into a crisis », dans Ebenezer Sibly, A Key To Physic and the Occult Sciences, 1814.
Albert de Rochas, L’extériorisation de la motricité, Paris, Chamuel, 1896, p. 189. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/pRwTtu
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À partir de la seconde moitié du xviiie siècle, l’association classique entre femmes et superstitions connaît un renouvellement. Leurs visions, leurs pouvoirs de guérison ou de nécromancie sont tout d’abord réévalués et réinterprétés, mais à l’aune de nouveaux savoirs médicaux ou spirituels dominés par les hommes entre la fin du xviiie siècle et le début du siècle suivant, dans les grandes villes européennes. Les croyances ancestrales et les rites populaires, y compris lorsqu’ils sont pratiqués par les femmes, sont collectés à titre de trésors nationaux ou régionaux tandis que les sorcières sont réintégrées dans l’histoire nationale et le génie des peuples. Mais cette réévaluation est toujours fragile et est contrebalancée par un très fort scepticisme qui parfois l’emporte, comme à la fin du xixe siècle, ou parfois cède devant d’autres intérêts plus politiques, comme dans les années 1930. Dès lors, à mesure que progresse l’idée que les superstitions ne sont plus que des survivances, la question du genre devient moins importante.

Luther et ses collaborateurs, par Lucas Cranach le jeune. Détail de l’épitaphe du bourgmestre de Meienburg, Michael Meyenburg, peinture à huile, copie de l’original de 1558 autrefois conservée dans l’église saint Blaise de Nordhausen.
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La confrontation entre Érasme et Luther est un duel d’une importance majeure pour l’Europe de la première moitié du xvie siècle, car ce sont deux visions de l’homme, de l’histoire et de la foi qui s’affrontent. Alors qu’ils sont nés tous deux dans une Europe du Nord baignée par la devotio moderna, qu’ils ont reçu la même formation spirituelle et biblique, leurs chemins s’éloignent bientôt de manière radicale, car l’humanisme chrétien érasmien, qui défend une anthropologie optimiste, ne peut s’accorder avec le désespoir de la Réforme. En outre, la préférence d’Érasme pour les écrits d’Origène et de saint Jérôme, au détriment de ceux de saint Augustin, est insupportable pour Luther. L’impossible dialogue entre ces deux géants du xvie siècle participe au basculement de l’Europe moderne dans le schisme religieux.

Le Passional Christi und Antichristi (Wittenberg, 1521) oppose des épisodes de la vie du Christ et le comportement du pape-antéchrist à travers de petits textes allemands de Luther, illustrés de gravures de Lucas Cranach. Ici, un verset de l’évangile de Jean évoque le couronnement d’épines. En face, le pape, utilise une pseudo-loi de Constantin pour se faire couronner comme un empereur avec la tiare et la pourpre.

L’imprimé joue un rôle central dans les conflits politico-religieux en Europe au xvie siècle. Les réformateurs protestants aussi bien que les défenseurs de l’Église catholique y voient un instrument efficace pour réveiller les consciences, instruire les populations et gagner leur soutien. La politisation des conflits religieux encourage la production et la diffusion de textes qui justifient les soulèvements contre les autorités, expliquent les actions de ces dernières et formulent des théories politiques. La campagne de publications organisée par de véritables spécialistes de l’écriture devient un élément indispensable pour toute mobilisation. Quoique les tirages soient encore relativement modestes par rapport à la masse de la population majoritairement analphabète, les imprimés exercent une influence importante car ils ciblent les élites dotées du pouvoir d’action et capables de servir de relais vers les formes orales de la diffusion de l’information.

L’Église du Christ (calviniste) attaquée par le duc d’Albe, les cardinaux de Lorraine et de Granvelle, ainsi que le Diable, l’Antéchrist et ses troupes, des souverains, dont le (Grand) Turc, des soldats, des prélats et des moines, vers 1568, gravure anonyme flamande à l’eau forte, 28,4 x 44 cm.
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Tous les combats des guerres de religion se sont accompagnés d’influences, d’interventions et de collaborations étrangères. L’Allemagne de la première moitié du xvie et de la guerre de Trente Ans et la France dans la seconde moitié du xvie siècle, principaux champs de bataille entre confessions, sont des affrontements européens. Les solutions de compromis vouées à permettre la coexistence religieuse ou le refus de celles-ci s’inscrivent tout autant dans un débat à l’échelle de la chrétienté. Pour autant, la constitution de grands blocs opposés entre catholiques, luthériens ou calvinistes, voire une alliance internationale entre partisans de la concorde, sont largement demeurés à l’état de projets et de menaces fantasmées.

Valentin de Boulogne, Judith, huile sur toile, 97 x 74 cm, 1626-1628, Toulouse, Musée des Augustins.
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Entre la fin du Moyen Âge et les années 1650, les rapports qui fondent le corps politique sont de nature relationnelle : davantage que les formes d’expression de l’autorité, c’est le contrôle de la relation d’obéissance qui est au fondement de l’État. Toute la culture politique porte en elle des conceptions des relations d’obéissance et de désobéissance. Mais, dans un contexte troublé par les affrontements confessionnels, où il est envisageable de désobéir au roi pour mieux obéir à Dieu ou pour reconstruire un ordre social menacé, il importe d’expérimenter de nouvelles formes d’obéissance. De l’obéissance conditionnelle à l’obéissance absolue, de l’obéissance raisonnée à l’obéissance imposée, il s’agit toujours de répondre à une question : comment recréer dans l’obéissance du sujet politique au magistrat l’obéissance due par tout chrétien à Dieu ?

Le colloque de Poissy de 1561, réuni à l’initiative de la régente Catherine de Médicis et du chancelier de l’Hospital, où Théodore de Bèze est invité à parler face aux représentants politiques et catholiques du royaume. Planche sur métal extraite de l’ouvrage de Perrissin et Tortorel, Premier volume contenant quarante tableaux ou histoires diverses qui sont mémorables touchant les guerres, massacres et troubles advenus en France, 1569-1570.
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Pour faire face à l’ampleur de la division confessionnelle et aux troubles qu’elle entraîne dans les États d’Europe, les gouvernants, catholiques comme protestants, finissent par délaisser les mesures répressives violentes dont la plupart ont montré leur inefficacité. Ils imaginent des politiques de conciliation et de pacification capables de restaurer l’ordre civil et de reconstruire à plus ou moins long terme une unité religieuse indispensable au salut du prince et de ses sujets. Après l’échec des premières solutions de rapprochement doctrinal, les autorités font alors de la paix civile un préalable politique nécessaire à l’unification religieuse.

Maître de Rohan, « Le mort devant son juge », enluminure des Grandes Heures de Rohan, vers 1440-1445 (Ms latin 9471, fol. 159, BNF).
Rogier Van der Weyden, panneau central du Polyptyque du Jugement (Beaune, musée des Hospices, vers 1445-1450). Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/ZwN8wh
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Michel est un saint particulier. En tant qu’archange, il est un messager privilégié entre le Ciel et la Terre. Son combat contre les forces du Mal lui permet de cumuler également les fonctions d’ange-gardien et de combattant, ce qui fait de lui le protecteur idéal de la monarchie française. La fin du Moyen Âge et le début de l’époque moderne voient ainsi la figure de l’archange s’imposer, particulièrement en France.

Léon-Augustin Lhermitte, Chez les humbles, 1905, huile sur toile, H. 1.04, L. 0.90 m. The Metropolitan Museum of Art, New York.

Dans un xixe siècle de bouleversements idéologiques, religieux et politiques, plusieurs artistes européens réinvestissent, à partir des années 1880, la figure christique pour l’installer en plein Paris ou dans le monde rural. Ce phénomène de contemporanéisation est symptomatique des déplacements artistiques, littéraires et idéologiques à l’œuvre dans l’Europe présécessionniste. Aussi tâcherons-nous de répondre cette question posée par Zola devant Agar et Ismaël de Jean-Charles Cazin : « Pourquoi prendre des sujets bibliques et les habiller à la moderne ? »

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