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renaissance

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« Europa », dans Cesare Ripa, Iconologia…, Sienne, 1613, p. 63. © Duke University Librairies.
Opicinus de Canistris, Carte, vers 1335-1338. © Vatican, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 6435, f. 74v. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/SFjwgx
Martin Desjardins, Louis XIV donnant la paix à l’Europe, bronze, 1682-1685, Paris, Louvre, M.R. 3380, cliché de l’auteur.
Les quatre parties du monde, toile de Jouy, vers 1788, New York, The Metropolitan Museum of Art, 59.208.87. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/YDhqxT
Mirko Szewczsukn, Europe und der Stier, 1949, publiée dans Die Zeit du 3 février 1949.

L’iconographie de l’Europe est une source fondamentale pour comprendre l’idée d’Europe depuis l’Antiquité. En effet, son langage symbolique exprimé par les images – à plat ou en relief – est riche et varié, et ajoute à l’histoire de l’idée d’Europe d’innombrables chapitres inédits qui complètent ceux qui nous ont été livrés par les sources écrites. La figure de l’Europe, par ses acceptions politiques, religieuses ou commerciales, a fait l’objet d’un véritable engouement de la part des artistes, des princes et du public des arts – de tous les arts – durant des siècles. Or ce thème iconographique est encore peu étudié et il reste donc un vaste champ d’exploration de l’idée Europe par les images.

Première page de la Genèse. Bible polyglotte d’Alcala de Henares (1515-1517).
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La première modernité est un moment de recomposition, voire de fracture, de l’articulation entre activité intellectuelle et forme et expression de la foi. Le cadre intellectuel traditionnel doit se redéfinir face aux implications de la critique humaniste des textes, au défi lancé par la rupture protestante et par l’ouverture souvent problématique que constitue, pour les Européens, la rencontre avec Amérindiens, Africains et Asiatiques. Il en ressort un double mouvement, non exempt de tensions et de contradictions, de redéfinition de la doctrine et de catéchisation qui est lourd de conséquences sur la disposition à la croyance des fidèles, la croyance et l’expression de la foi se réduisant difficilement au consentement plus ou moins éclairé à un cadre de doctrine, fût-il modernisé.

Bibliothèque Ambrosienne, Ms. D 140 inf., Al-Ǧahiz, Tractatus de Animalibus (Kitāb al-hayawān), f. 10r. xve siècle, acquis par l’Ambrosienne avant 1631.
Jan Brueghel, Allégorie du feu, entre 1608 et 1610. Sources : Wikimedia Commons https://goo.gl/u6NRfb
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La bibliothèque Ambrosienne, ouverte au public en 1609, est l’une des premières bibliothèques publiques d’Europe. Son fondateur, le cardinal-archevêque Frédéric Borromée (1564-1631), a l’ambition de recréer à Milan un « temple des muses », dédié, sur le modèle alexandrin, à la lecture et à l’écriture érudites, grâce à la réunion de livres, de lettrés pensionnés par le lieu et d’une imprimerie. Fer de lance de la culture catholique dans l’Europe du xviie siècle, l’Ambrosienne n’est ni un observatoire ni un lieu d’expérimentation scientifique. En revanche ses collections d’objets, de livres et ses publications mettent en lumière les merveilles de la création. Frédéric Borromée réinterprète la « chambre des merveilles » humaniste dans le contexte de la Réforme catholique.

Luther et ses collaborateurs, par Lucas Cranach le jeune. Détail de l’épitaphe du bourgmestre de Meienburg, Michael Meyenburg, peinture à huile, copie de l’original de 1558 autrefois conservée dans l’église saint Blaise de Nordhausen.
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La confrontation entre Érasme et Luther est un duel d’une importance majeure pour l’Europe de la première moitié du xvie siècle, car ce sont deux visions de l’homme, de l’histoire et de la foi qui s’affrontent. Alors qu’ils sont nés tous deux dans une Europe du Nord baignée par la devotio moderna, qu’ils ont reçu la même formation spirituelle et biblique, leurs chemins s’éloignent bientôt de manière radicale, car l’humanisme chrétien érasmien, qui défend une anthropologie optimiste, ne peut s’accorder avec le désespoir de la Réforme. En outre, la préférence d’Érasme pour les écrits d’Origène et de saint Jérôme, au détriment de ceux de saint Augustin, est insupportable pour Luther. L’impossible dialogue entre ces deux géants du xvie siècle participe au basculement de l’Europe moderne dans le schisme religieux.

Le Passional Christi und Antichristi (Wittenberg, 1521) oppose des épisodes de la vie du Christ et le comportement du pape-antéchrist à travers de petits textes allemands de Luther, illustrés de gravures de Lucas Cranach. Ici, un verset de l’évangile de Jean évoque le couronnement d’épines. En face, le pape, utilise une pseudo-loi de Constantin pour se faire couronner comme un empereur avec la tiare et la pourpre.

L’imprimé joue un rôle central dans les conflits politico-religieux en Europe au xvie siècle. Les réformateurs protestants aussi bien que les défenseurs de l’Église catholique y voient un instrument efficace pour réveiller les consciences, instruire les populations et gagner leur soutien. La politisation des conflits religieux encourage la production et la diffusion de textes qui justifient les soulèvements contre les autorités, expliquent les actions de ces dernières et formulent des théories politiques. La campagne de publications organisée par de véritables spécialistes de l’écriture devient un élément indispensable pour toute mobilisation. Quoique les tirages soient encore relativement modestes par rapport à la masse de la population majoritairement analphabète, les imprimés exercent une influence importante car ils ciblent les élites dotées du pouvoir d’action et capables de servir de relais vers les formes orales de la diffusion de l’information.

L’Église du Christ (calviniste) attaquée par le duc d’Albe, les cardinaux de Lorraine et de Granvelle, ainsi que le Diable, l’Antéchrist et ses troupes, des souverains, dont le (Grand) Turc, des soldats, des prélats et des moines, vers 1568, gravure anonyme flamande à l’eau forte, 28,4 x 44 cm.
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Tous les combats des guerres de religion se sont accompagnés d’influences, d’interventions et de collaborations étrangères. L’Allemagne de la première moitié du xvie et de la guerre de Trente Ans et la France dans la seconde moitié du xvie siècle, principaux champs de bataille entre confessions, sont des affrontements européens. Les solutions de compromis vouées à permettre la coexistence religieuse ou le refus de celles-ci s’inscrivent tout autant dans un débat à l’échelle de la chrétienté. Pour autant, la constitution de grands blocs opposés entre catholiques, luthériens ou calvinistes, voire une alliance internationale entre partisans de la concorde, sont largement demeurés à l’état de projets et de menaces fantasmées.

Valentin de Boulogne, Judith, huile sur toile, 97 x 74 cm, 1626-1628, Toulouse, Musée des Augustins.
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Entre la fin du Moyen Âge et les années 1650, les rapports qui fondent le corps politique sont de nature relationnelle : davantage que les formes d’expression de l’autorité, c’est le contrôle de la relation d’obéissance qui est au fondement de l’État. Toute la culture politique porte en elle des conceptions des relations d’obéissance et de désobéissance. Mais, dans un contexte troublé par les affrontements confessionnels, où il est envisageable de désobéir au roi pour mieux obéir à Dieu ou pour reconstruire un ordre social menacé, il importe d’expérimenter de nouvelles formes d’obéissance. De l’obéissance conditionnelle à l’obéissance absolue, de l’obéissance raisonnée à l’obéissance imposée, il s’agit toujours de répondre à une question : comment recréer dans l’obéissance du sujet politique au magistrat l’obéissance due par tout chrétien à Dieu ?

Giovanni Francesco Barbieri dit Guerchin (1571-1666), Allégorie de la peinture et de la sculpture, Rome, Galleria Nazionale d’Arte Antica di Palazzo Barberini.
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Le Paragone – comparaison des mérites respectifs de la peinture et de la sculpture – est un exercice théorique qui connaît une certaine vogue dans l’Europe renaissante et moderne. Loin d’être l’expression d’un antagonisme stérile, il découle de la place que la Renaissance a donnée à ces deux disciplines en les invitant à tenir sur elles-mêmes un discours théorique. Entre métier et théorie, le Paragone donne aux artistes une occasion de penser la finalité de leur pratique, et témoigne en ce sens de leur émancipation intellectuelle et sociale dans l’Europe moderne. Il serait abusif de ne voir dans cette dispute qu’un prétexte, mais la recherche d’un « vainqueur » apparaît finalement moins fondamentale que l’effort d’investigation qui la motive et explique la longévité du Paragone. C’est la question plus générale du rapport de l’art au monde qui s’y reflète, de l’Italie de la Renaissance à l’Europe des Lumières.

Le colloque de Poissy de 1561, réuni à l’initiative de la régente Catherine de Médicis et du chancelier de l’Hospital, où Théodore de Bèze est invité à parler face aux représentants politiques et catholiques du royaume. Planche sur métal extraite de l’ouvrage de Perrissin et Tortorel, Premier volume contenant quarante tableaux ou histoires diverses qui sont mémorables touchant les guerres, massacres et troubles advenus en France, 1569-1570.
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Pour faire face à l’ampleur de la division confessionnelle et aux troubles qu’elle entraîne dans les États d’Europe, les gouvernants, catholiques comme protestants, finissent par délaisser les mesures répressives violentes dont la plupart ont montré leur inefficacité. Ils imaginent des politiques de conciliation et de pacification capables de restaurer l’ordre civil et de reconstruire à plus ou moins long terme une unité religieuse indispensable au salut du prince et de ses sujets. Après l’échec des premières solutions de rapprochement doctrinal, les autorités font alors de la paix civile un préalable politique nécessaire à l’unification religieuse.

Château de Heidelberg, dessin aquarellé. Mises à sac à la fin du xviie siècle par les Français pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg, les ruines des tours éventrées du château de Heidelberg représentent un ouvrage à la fois « du temps et de l’homme », au sens de Chateaubriand.
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À partir de la Renaissance, l’intérêt pour les ruines s’est focalisé sur les monuments de l’Antiquité avant de toucher l’ensemble des vestiges du passé européen. La période de prédilection fut le siècle des Lumières qui, en ajoutant à la ruine comme témoignage du passé un statut d’objet esthétique, contribua à l’avènement de la discipline nouvelle de la restauration architecturale. Les études archéologiques et les mesures de protection se sont multipliées pendant les siècles suivants, ainsi que les catégories de ruines considérées comme monument ou objet à conserver. Aux ruines dites romantiques ou archéologiques s’ajoutent certaines ruines issues de destruction volontaire, catastrophe naturelle ou d’abandon. Aujourd’hui, la ruine – une structure dont le gros œuvre est sérieusement lésé – continue de susciter partout un vif intérêt parmi les professionnels et les visiteurs, alors que les guides et les gestionnaires du tourisme patrimonial ont remplacé les artistes et les écrivains d’autrefois.

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