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Genre et Europe

Une histoire genrée de l’Europe, où les rapports entre les sexes sont constitutifs de la définition de l’espace politique, économique et culturel européen.

Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple (huile sur toile, 1830). Paris, Musée du Louvre.
Manifestation d’ouvrières et d’ouvriers de l’usine Poutilov, 23 février 1917 à Petrograd. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/aKF1mA
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Le concept de révolution renvoie à des périodes de transformations sociopolitiques, réalisées (ou seulement amorcées) par des actions militantes, et axées sur le paradigme de l’égalité et de la liberté. Toutes les révolutions, depuis la Révolution française de 1789, sont des événements dans lesquels les rapports de genre sont négociés, et parfois redéfinis. Elles laissent une empreinte profonde sur l’histoire européenne du xixe siècle et signent la naissance de la modernité bourgeoise et de ses conceptions de l’ordre des sexes. L’ordre des sexes qui s’impose à la fin du xviiie siècle définit des assignations masculines et féminines en les liant à des espaces d’action spécifiques. Les femmes sont exclues de la politique institutionnalisée, des sciences, des armées, et le droit de la famille inscrit dans les codes civils les subordonne aux hommes. Les révolutions du xixe siècle mettent ces inégalités en question. Si le militantisme révolutionnaire renforce le genre masculin, d’innombrables discriminations légales qui avaient subsisté pour les femmes sont abolies à la suite des révolutions du xxe siècle.

Ouvrières tourneuses à la machine (Lot-et-Garonne, 13 mars 1913)
Femme occupée à la moisson d’un champ de seigle (Suède 1900-1910). Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/sZZDR1
Femmes travaillant à la confection de masques à gaz en Grande-Bretagne pendant la Grande Guerre. Source : Wellcome Library, London https://wellcomeimages.org/indexplus/image/L0009248.html

Au début du XXe siècle, la majorité des femmes travaille à leur domicile, agricultrices ou isolées, travailleuses spécialisées dans les travaux de couture payés à la tâche… Au XXIe siècle, la quasi-totalité d’entre elles sont salariées, quelles que soient leur situation familiale et la profession de leur conjoint, et sortent de chez elles pour aller travailler, même pour quelques heures. Avec la diffusion du salariat, leur labeur est désormais visible, déconnecté de leur statut familial. Le divorce entre statut professionnel et familial est désormais consommé. Et cette situation n’est, depuis plusieurs décennies, plus jugée indigne et misérable. Pour les femmes, au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, travailler est un tremplin vers l’autonomie économique – un grand pas vers la liberté.

Dans le monde du travail, les femmes sont tout sauf une minorité. L’apport de leur force de travail est depuis toujours massif et indispensable. Leur travail n’est jamais un accessoire pour la société, tout comme leur salaire n’est pas qu’un appoint pour leurs familles.

Clinique pour le contrôle des naissances (archives privées de Marie Stopes), fin 1920.
La transition démographique. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/6sYoph
Manifestation pour le droit à l’avortement à Milan (1975). Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/fqXMo7

La transition démographique accompagne la transformation du couple et de la famille depuis la fin du XVIIIe siècle en Europe. L’élément fondateur de la famille reste le mariage : la nuptialité se maintient à des niveaux élevés jusqu’aux années 1970 où elle recule au profit du concubinage tandis que le divorce se banalise. La taille de la famille se réduit et s’homogénéise sous l’effet de l’introduction de techniques contraceptives plus efficaces. Pourtant, en dépit d’évolutions majeures, le poids des normes reste considérable, comme en témoignent les oppositions au mariage homosexuel ou encore les restrictions liées à la procréation médicalement assistée. Ces résistances à ce que l’on nomme « révolution sexuelle » à la fin des années 1960 invitent au XXIe siècle à parler plutôt de modernisation de la sexualité.

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Déportation de Juifs russes : convois de femmes et d’enfants, 17 juillet 1941. Das Bundesarchiv
L’émigration et le débarquement de familles européennes en Australie, année 1885 (Drawing of migrants disembarking from a ship, 1885). John Oxley Library, State Library of Queensland, Australie. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/o85zYN
Camp de transit de Friedland, Aussiedler : hommes et femmes attendant dans un hall, juin 1988. Bundesarchiv, B 145 Bild-F079095-0030 Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/F8VYb8
Francine Bajande, « Novembre 1995. Manifestation à Paris pour les droits des femmes ». Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/eMMiMX
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L’histoire du fait migratoire à l’époque contemporaine a longtemps été menée sans tenir compte de la place respective occupée par les hommes et les femmes dans les déplacements individuels et collectifs. L’étude de formes de mobilité dans l’espace comme le voyage d’agrément, l’exploration ou la conquête coloniale a conduit à rendre invisibles les femmes, pourtant actrices de déplacements au long cours. Ce sont aussi les victimes féminines de déplacements forcés qui sont longtemps restées dans l’ombre. L’histoire des circulations en Europe depuis le xixe siècle jusqu’au début du xxie siècle montre comment les déplacements des hommes et des femmes dans l’espace ont contribué à faire évoluer la répartition sexuée des rôles sociaux, à déplacer et brouiller les identités de genre.

Herman Richir, Réunion du conseil d’administration de la Banque nationale (huile sur toile, 1918, Musée de la Banque nationale de Belgique).
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Au XIXe siècle, nul ne remet en question le lien entre pouvoir et masculinité, hommes et domination de l’espace public. Ce pouvoir est multiforme, tout à la fois économique, politique et militaire, religieux même. Si le prestige militaire décline avec les deux guerres mondiales et les défaites de la décolonisation, les hommes tiennent encore les rênes de la politique et de l’économie désormais mondialisée. Près d’un siècle après l’octroi du droit de vote et malgré leur accès massif aux études supérieures, les femmes se heurtent encore au plafond de verre qui leur interdit l’accès aux responsabilités. Une mince frange de dirigeants masculins concentre toujours au XXIe siècle l’essentiel des pouvoirs.

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