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Bordalo Pinheiro, « Revolta da Maria da Fonte » (gravure), dans A Ilustração, 1846, v. II, p. 71.
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La place des femmes au sein de la contre-révolution au xixe siècle est inattendue eu égard à la conception genrée des rapports sociaux portée par cette famille politique, qui défend une société inspirée de l’Ancien Régime et reposant sur le catholicisme et la monarchie, sur des cadres sociaux traditionalistes et sur le maintien d’un modèle patriarcal. Outre leur importance sur un plan symbolique, à travers des incarnations dynastiques, religieuses ou nationales, les femmes contre-révolutionnaires disposent d’une assez large liberté d’action qui s’incarne dans des domaines variés. Si nombre de ces actions relèvent du domaine où les femmes sont traditionnellement cantonnées – famille, activités du care, etc. –, elles interviennent aussi de multiples manières sur la scène politique – prise d’armes, pétitions, souscriptions. En fin de compte, la contre-révolution procure une capacité d’agir – paradoxale pour les femmes, dont on retrouve des traces au xxe siècle dans les mouvements conservateurs et catholiques, héritiers de la contre-révolution.

Femme sur les barricades de Prague pendant la révolution de 1848, auteur inconnu.
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L’imagerie et les récits des barricades du xixe siècle évoquent abondamment des femmes portant drapeau, secourant les blessés, plus rarement tenant un fusil. Si la figure de la jeune fille ou celle de la prostituée sont souvent glorifiées ou condamnées, c’est plus souvent dans le cadre de la cellule familiale que les femmes participent au combat. La barricade est donc un lieu mixte mais aussi un lieu de fantasmes comme le montre la barricade des femmes durant la Commune de 1871. Cette omniprésence s’estompe aux xxe et xxie siècles même si leur rôle est attesté de Petrograd à Maidan en passant par Madrid, Budapest, Prague et Paris. Ce déclin tient aussi aux mutations des guérillas urbaines et à la primauté de la représentation emblématique féminine dans les manifestations. Si l’action des femmes au combat n’est plus ressentie comme un débordement extrême de la violence, elle n’en reste pas moins marquée par les assignations de genre.

La barricade de la place Blanche défendue par des femmes (mai 1871). Lithographie, France, XIXe siècle.
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Le recours à la violence pour des motifs politiques mêle engagement, action politique et transgression pénale. S’y ajoute, dans le cas des femmes uniquement, la transgression des normes de genre lors des poussées révolutionnaires, qu’elles soient ou non dotées des mêmes droits politiques que les hommes. Mettant en tension les normes pénales et sexuées, la violence politique permet à celles qui la pratiquent de s’affirmer comme sujets politiques. Révolutionnaires, socialistes, anarchistes, communistes ou patriotes, ces femmes se heurtent, au-delà des époques et des causes qui guident leur engagement, à la permanence des normes de genre et au poids des imaginaires sociaux qui font de la violence politique des femmes une véritable énigme sociale.