Humanisme européen

Une histoire européenne placée sous le signe de la culture, des représentations et des identités socio-religieuses.

Les trois figures tutélaires de la Royal Society – le roi Charles II, son fondateur, Lord Brouncker, son premier président, et Francis Bacon. Frontispice de Thomas Sprat, The History of the Royal Society of London (1667). Gravure de Wenceslaus Hollar d’après John Evelyn.
La Raison et la Philosophie lèvent le voile qui couvre la Vérité pendant que l’Imagination la couronne. Sa lumière dissipe les ténèbres et rayonne sur les sciences, au sommet desquelles se trouve la Théologie. Charles-Nicolas Cochin, Frontispice de l’Encyclopédie (1751). Source : Gallica/BnF. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8409673t
Une démonstration d’« électricité des corps » par l’abbé Nollet. Jean-Antoine Nollet, Leçons de physiques expérimentale, Paris, 1767-1769 (6e éd.), tome 6, planche 2. https://f-origin.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/102/files/2012/02/P3_Photo5_Cote36608_81741.jpg

Les XVIIe et XVIIIe siècles voient, en Europe, un essor considérable des sciences et des savoirs, qu’on a longtemps qualifié de « révolution scientifique ». Plus divers, plus varié, impliquant davantage d’acteurs que les seuls hommes de sciences, ce mouvement mobilise autant les États, les cénacles savants (comme les académies) que des artistes, artisans et ingénieurs. Les publics s’élargissent aussi sans cesse plus et sont mieux informés grâce à la circulation de l’imprimé. La République des lettres – encore élargie par la densification des correspondances, l’essor de la presse et les progrès de la traduction – participe de ce mouvement qui dépasse largement les moyens de contrôle et de censure des États. Avec l’élargissement de l’horizon que procurent les nouvelles explorations et les nouveaux empires coloniaux et commerciaux, le théâtre de la science et de la soif de savoir des Européens devient proprement universel. Ce rapport renouvelé à la connaissance et au monde contribue puissamment à forger l’identité européenne contemporaine.

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L’Europe est, à la fin du Moyen Âge, riche de strates d’histoire séculaires qui se sont sédimentées en un patrimoine culturel complexe, issu des civilisations qui s’y sont succédé (l’Antiquité classique et la chrétienté médiévale pour l’essentiel) ou qui ont été à son contact (notamment par les échanges avec les mondes arabe et byzantin). Ces héritages demeurent particulièrement présents à travers les manuscrits copiés et conservés au fil du temps, qui ont transmis les œuvres des « autorités », à travers les vestiges monumentaux qui jonchent, à Rome par exemple, les cités, ou encore à travers les figures des grands hommes, représentées dans l’iconographie ou évoquées dans la littérature. Mais cette mémoire survit aussi, plus profondément, dans le langage (grâce au latin surtout) et dans les systèmes de représentation politique et sociale. De tels legs constituent un réservoir d’idées, de formes et de valeurs communes, en somme, qui fait l’objet de multiples réemplois. C’est sur ce terreau que se développe l’humanisme et, avec lui, une conscience nouvelle du rapport des Européens à leur passé, appelée s’imposer avec le terme de « Renaissance ».

Portrait de Desiderius Erasmus de Rotterdam, par Hans Holbein le jeune
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L’humanisme est un mouvement culturel qui prend son essor dans l’Italie du XIVe siècle avant de se diffuser dans toute l’Europe moderne. Fondé sur un retour aux auteurs de l’Antiquité, prônant le renouveau des études des humanités (les studia humanitatis) et proposant une nouvelle vision de la place de l’homme dans le monde, il s’impose, progressivement, comme un modèle culturel dominant à l’échelle européenne. On associe bien souvent les termes de « Renaissance », d’« humanisme » et d’« Europe ». Mais de quelle Europe parle-t-on ? Nourrit-on vraiment à cette époque un sentiment d’appartenance européen ? Si la Renaissance nous a sans aucun doute légué une certaine idée de l’Europe, quelles notions recouvre-t-elle à l’époque des humanistes ? D’une Europe chrétienne gouvernée par le pape à une Europe des confédérations, d’une Europe aux identités plurielles à une Europe humaniste nouvelle république des lettres, autant de projets pour l’Europe entre rêves, espoirs et désillusions.

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